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Le siège de la police a été incendié dimanche à Kef, au lendemain de violences qui ont fait 4 morts

A Kebili, à 400 km au sud de Tunis, un jeune homme a été tué par une grenade lacrymogène lors d'une manifestation. Dans le bassin minier de Gafsa, le nouveau gouverneur a été contraint dimanche de quitter ses bureaux, sous la pression de nombreux manifestants.Dimanche, le gouvernement annoncait la suspension du parti de l'ex président Ben Ali.
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Manifestants en colère à Sid Bouzid après la mort de 2 personnes en prison (5 février 2011) (AFP/kahouli)

A Kebili, à 400 km au sud de Tunis, un jeune homme a été tué par une grenade lacrymogène lors d'une manifestation. Dans le bassin minier de Gafsa, le nouveau gouverneur a été contraint dimanche de quitter ses bureaux, sous la pression de nombreux manifestants.

Dimanche, le gouvernement annoncait la suspension du parti de l'ex président Ben Ali.

Le RCD suspendu
Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé dimanche soir la "suspension" des activités du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir sous le président Ben Ali, en prévision de sa dissolution, dans un communiqué lu à la télévision nationale.

"Dans le souci de préserver l'intérêt suprême de la nation et d'éviter toute violation de la loi, le ministre de l'intérieur a décidé de suspendre toutes les activités du RCD, d'interdire toutes réunions ou rassemblements organisés par ses membres et de fermer tous les locaux appartenant à ce parti ou gérés par lui", précise le communiqué du ministère.

La répression d'une manif a fait 4 morts samedi à Kef
Samedi, le Kef a été le théâtre d'affrontements violents entre policiers et manifestants venus réclamer le départ du chef de la police locale, accusé "d'abus de pouvoir dans l'exercice de ses fonctions".

La manifestation a dégénéré en affrontements lorsque ce dernier, le commissaire Khaled Ghazouani, a giflé une manifestante, provoquant la colère de la foule.

Des centaines d'habitants avaient "incendié le commissariat" et "saccagé" le siège local du RCD (ex-parti au pouvoir) ainsi que la résidence du commissaire Ghazouani, qui avait été le premier à tirer sur les manifestants, selon plusieurs témoins joints par l'AFP.

La police a répliqué en tirant sur la foule et deux manifestants, âgés de 19 ans et 49 ans, ont été tués sur le coup, selon des sources syndicales. Trois autres manifestants avaient été grièvement blessés avant que deux d'entre-eux ne meurent.

Samedi soir, alors que le calme était revenu à Kef, Khaled Ghazouni a été "placé en état d'arrestation".

Manifestation à Sidi Bouzid vendredi

La veille, vendredi, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté devant un poste de police de Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne dans le centre du pays, après la mort de deux personnes qui y étaient détenues.

Le ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi, a confirmé leur mort, affirmant qu'il s'agissait d'un crime qui pourrait être l'oeuvre de partisans de l'ancien régime du président Ben Ali, qui a fui le pays le 14 janvier.

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