Le Conseil de sécurité de l'Onu n'est pas parvenu mercredi à s'entendre sur une déclaration condamnant la répression

La Russie et la Chine ont bloqué une déclaration proposée par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal qui condamnait l'intervention de l'armée et les tirs à balles réelles sur les manifestants.Dans le même temps, plus de 200 membres du parti Baas au pouvoir ont démissionné et 150 opposants ont posé un ultimatum au régime al-Assad.

Image très floue (tirée de YouTube) montrant apparemment la répression à Deraa (sud de Damas), avec un char (à gauche)
Image très floue (tirée de YouTube) montrant apparemment la répression à Deraa (sud de Damas), avec un char (à gauche) (AFP - YouTube)

La Russie et la Chine ont bloqué une déclaration proposée par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne et le Portugal qui condamnait l'intervention de l'armée et les tirs à balles réelles sur les manifestants.

Dans le même temps, plus de 200 membres du parti Baas au pouvoir ont démissionné et 150 opposants ont posé un ultimatum au régime al-Assad.

Une autre réunion de l'Onu prévue vendredi
A l'issue de la réunion infructueuse du Conseil de sécurité mercredi, les pays occidentaux du Conseil ont appelé à une réunion publique pour pouvoir exprimer leur colère contre la répression menée par le régime du président syrien Al-Assad, ont indiqué des diplomates sous couvert de l'anonymat.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU tiendra vendredi une session spéciale sur la situation en Syrie. Une session spéciale organisée à la demande des USA.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, a fait part de son "inquiétude croissante" vis-à-vis de la répression en Syrie, en particulier en raison de l'utilisation de chars et de tirs à balles réelles par les forces armées.

L'ambassadeur de Syrie, Bachar Jaafari, a rejeté toute idée d'enquête internationale dans son pays. "Nous regrettons ce qui se passe, mais vous devez convenir que ces troubles et ces émeutes, dans certains de leurs aspects, masquent des intentions cachées", a-t-il dit.

Depuis le début de la contestation à la mi-mars contre le régime de Bachar al-Assad, au moins 450 personnes ont été tuées, selon un bilan établi par l'AFP à partir de bilans d'ONG étrangères et de groupes d'opposants syriens.

Démissions collectives du parti au pouvoir
Plus de 230 membres du parti Baas au pouvoir en Syrie, la très grande majorité dans la région de Deraa, mais aussi dans celle de Banias (nord-ouest) ont démissionné mercredi pour dénoncer la répression.

"Les services de sécurité ont bafoué les valeurs avec lesquelles nous avons grandi. Nous dénonçons et condamnons tout ce qui s'est passé et annonçons sans regret notre retrait du parti", ont affirmé les démissionnaires de la région de Banias, dans un communiqué.

"Les pratiques des services de sécurité à l'encontre des citoyens sans armes à Banias et dans les villages voisins, notamment à Baïda, sont contraires à toutes les valeurs humaines et aux slogans du parti", disent-ils, en évoquant "les perquisitions dans les maisons, les tirs à balles réelles sans discrimination sur les gens, les maisons, les mosquées et les églises".

150 opposants mettent le régime en demeure
Plus de 150 opposants - dont le nom de la plupart reste secret - ont mis en demeure mercredi le régime de mener de véritables réformes.

Le régime a le choix entre deux choses: "soit il conduit lui-même le changement vers la démocratie, soit les protestataires mènent une révolution populaire qui (le) renversera", ont-ils averti dans un communiqué commun.

Selon eux, "l'armée est la seule institution à même de conduire ce changement", en négociant notamment avec l'opposition. Les militants accusent essentiellement les forces de sécurité, et non l'armée, d'être responsables de la répression meurtrière de la contestation.

Sur le terrain, la répression continue
Sur le terrain, à Deraa (100 km au sud de Damas), berceau de la contestation, l'intervention massive des troupes du régime Assad a fait plus de 30 morts en deux jours, selon des militants.

Sur le terrain, des tirs étaient toujours entendus mercredi par intermittence à Deraa, à 100 km au sud de Damas, a indiqué un militant des droits de l'homme, Abdallah Abazid. Des troupes ont été également envoyées en renfort à Douma, dans la périphérie de Damas. Un témoin a fait état d'un déploiement "dans tous les quartiers" de membres des forces de sécurité qui "contrôlent l'identité des gens dans les rues".

Le régime de Damas a ainsi opté pour la solution militaire pour étouffer ce mouvement de contestation sans précédent, expliquent les militants et opposants.

Mais les autorités syriennes, qui accusent depuis le début "des gangs criminels armés" d'être à l'origine du mouvement, affirment que l'armée est entrée à Deraa "à l'appel des habitants" pour en chasser "les groupes terroristes extrémistes". Ceux-ci ont "attaqué des positions militaires et coupé des routes" a affirmé l'agence officielle Sanaa, faisant état de "trois morts et 15 blessés" dans les rangs des forces de sécurité et de l'armée.

La télévision d'Etat a montré des images de personnes présentées comme celles de membres de deux "gangs armés" sévissant à Deraa et à Jableh (nord-ouest). Ils ont dit avoir "reçu de l'argent et des armes de groupes extrémistes afin de tuer des membres des forces de sécurité dans le but de provoquer des troubles" en Syrie, selon le journal gouvernemental Techrine.

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