Le chef de la police de Dubaï est sûr à 99% de l'implication du Mossad dans le meurtre d'un responsable du Hamas

La France a demandé jeudi "des explications à l'ambassade d'Israël" à Paris sur les circonstances de l'utilisation d'un faux passeport français et Londres l'entière coopération d'Israël dans cette affaire.Les ambassadeurs d'Israël à Londres et Dublin ont été convoqués en raison de l'utilisation par les assassins de passeports de ces pays.

Suspects dans un meurtre à Dubaï et origine des faux passeports
Suspects dans un meurtre à Dubaï et origine des faux passeports (France 2)

La France a demandé jeudi "des explications à l'ambassade d'Israël" à Paris sur les circonstances de l'utilisation d'un faux passeport français et Londres l'entière coopération d'Israël dans cette affaire.

Les ambassadeurs d'Israël à Londres et Dublin ont été convoqués en raison de l'utilisation par les assassins de passeports de ces pays.

Le dirigeant du Mossad (service secret israélien), Meir Dagan, ne voit aucune raison de démissionner à la suite du scandale provoqué par ce meurtre.

La police de Dubaï, qui a diffusé des vidéos des suspects sur les lieux du meurtre, avait annoncé lundi soir que 11 personnes munies de passeports européens -trois irlandais, six britanniques, un français et un allemand- étaient recherchées pour le meurtre du responsable du Hamas. Selon Dubaï, les passeports ne seraient pas des faux et de nouveaux indices devraient être dévoilés "dans les prochains jours".

Les noms des suspects de l'assassinat d'un responsable du Hamas en janvier à Dubaï correspondent à des personnes vivant en Israël mais ceci ne prouve pas qu'Israël ait mené cette opération, a déclaré mercredi le ministre israélien des Affaires étrangères.

Au moins sept Israéliens disposant d'une double nationalité se sont déclarés victimes d'une usurpation d'identité dans l'affaire de l'assassinat de Mahmoud Abdel Raouf Al-Mabhouh, l'un des fondateurs de la branche armée du Hamas.

Le mouvement palestinien accuse Israël de l'avoir assassiné, une hypothèse que les autorités judiciaires émiraties n'excluent pas. Ces dernières ont lancé des mandats d'arrêt internationaux pour assassinat à l'encontre des 11 suspects, dont une femme, qui étaient porteurs de passeports britanniques, irlandais, allemands et français.

Après celui de Londres, l'ambassadeur israélien en Irlande (d'où proviennent certains passeports) a été lui aussi convoqué par les autorités de Dublin. Les autorités autrichiennes ont annoncé de leur côté jeudi qu'une enquête était en cours sur l'utilisation éventuelle de cartes SIM et de numéros de téléphones portables autrichiens par le commando. Selon Haaretz, deux Palestiniens auraient été arrêtés en Jordanie dans le cadre de cette enquête et un autre en Syrie.

De source proche des services de renseignement français, on dit que le passeport français utilisé par un des suspects avait un numéro valide mais que le nom associé n'était pas correct. "C'était un faux très bien fait", a-t-on ajouté. Un responsable du Hamas a cependant démenti l'arrestation en Syrie.

"Pas de crise diplomatique avec la Grande-Bretagne"
Lors d'une intervention à la radio de l'armée israélienne, le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a écarté l'hypothèse d'une crise diplomatique avec la Grande-Bretagne. "Je pense que la Grande-Bretagne sait qu'Israël est un pays responsable et que ces actions en matière de sécurité sont conduites selon des règles claires, sérieuses et prudentes. Il n'y a donc aucune raison de s'inquiéter", a-t-il dit.

Par le passé, des commandos du Mossad ont utilisé des passeports étrangers pour mener des "opérations ponctuelles". Ainsi, en 1997, des agents porteurs de passeports canadiens avaient tenté d'empoisonner à Amman le chef du Hamas, Khaled Méchaal. Un agent avait emprunté le nom d'un Canadien vivant en Israël, qui a affirmé qu'on avait utilisé son patronyme à son insu. Cette opération avait provoqué une crise entre Israël et la Jordanie et les services israéliens avaient du fournir l'antidote pour sauver K.Mechaal. Après cette crise, le patron du Mossad avait du quitter son poste.

En 1987, la Grande-Bretagne avait protesté auprès d'Israël pour avoir fait un usage douteux de faux passeports britanniques. Elle avait obtenu la promesse que ces faits ne se reproduiraient pas.