La Turquie face à l'afflux de réfugiés kurdes de Syrie

Ils seraient environ 130.000. Des Kurdes de Syrie, hommes, femmes et enfants qui affluent depuis vendredi aux frontières de la Turquie pour fuir l'offensive des djihadistes. Les combattants de l'EI ont déjà pris le contrôle d'une soixantaine de villages le long de la frontière turco-syrienne.

(L'offensive des extrémistes sunnites se poursuit dans le nord-est de la Syrie, obligeant des milliers de Kurdes à fuir vers la Turquie voisine ©)

La Turquie assure avoir pris "toutes les mesures nécessaires pour le cas où l'afflux de déplacés se poursuivrait ". "Nous ne le souhaitons pas évidemment pas, mais nous sommes parés ", a déclaré lundi à la presse le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus. D'après ses chiffres, "plus de 130.000 Syriens " ont déjà pris le chemin de la Turquie. Le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Genève parle lui de 100.000 déplacés. Une chose est certaine, l'exode est massif. 

Kobani encerclée

Ces familles qui arrivent avec sur elles des balluchons contenant les quelques effets personnels qu'elles ont réussi à emporter, viennent en majorité autour de la localité d'Aïn al-Arab, également appelé Kobani (en langue kurde), troisième ville kurde de Syrie. Située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec la Turquie, elle est encerclée depuis dimanche par les combattants de l'Etat islamique.

La population terrorisée

Le groupe extrémiste sunnite a lancé une offensive mardi dernier pour prendre le contrôle de ce secteur clé et contrôlerait déjà 64 villages le long de cette frontière turco-syrienne, semant la terreur dans la population kurde. "Ils vont dans les villages et coupent la tête d'une ou deux personnes et les brandissent devant les villageois", a déclaré Ibrahim Binici, élu du parti turc pro-kurde HDP, qui s'est rendu sur place samedi et a recueilli le témoignage d'habitants.

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