Taro Aso, vice-Premier ministre nippon, coutumier des gaffes

Les excuses de Taro Aso, vice-Premier ministre japonais et ministre des Finances, suffiront-elles à éteindre l’étincelle provoquée par ses dernières déclarations ? M. Aso avait suggéré, le 29 juillet 2013, que son pays s’«inspire» de l’Allemagne nazie pour réformer la Constitution, imposée au Japon par les Etats-Unis au lendemain des la Seconde guerre mondiale.

Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, le 28 juin lors d\'une conférence de presse à Tokyo.
Le vice-Premier ministre japonais, Taro Aso, le 28 juin lors d'une conférence de presse à Tokyo. (TORU YAMANAKA / AFP)
«Il est regrettable que mes remarques sur l'administration nazie aient conduit à un malentendu, ce qui n'était pas mon intention», a expliqué M. Aso, le 1er août 2013, dans un communiqué lu devant la presse.

Resté silencieux dans un premier temps, le gouvernement japonais a souligné que les propos du ministre des Finances ne reflétaient pas la position officielle. «Le gouvernement Abe ne considèrera jamais le régime nazi de façon positive», a ainsi réagi son porte-parole Yoshihide Suga lors d'une conférence de presse, le 31 juillet 2013.

Réaction du Centre Simon Wiesenthal
Deux jours plus tôt, M. Aso s'était laissé aller à des propos provocateurs, lors d’un débat organisé par un cercle de réflexion conservateur sur la réforme de la Constitution pacifiste imposée au Japon, en 1947, par les Etats-Unis. «La constitution de l'Allemagne de Weimar a été discrètement remplacée par la constitution de l'Allemagne nazie: pourquoi ne pas s'inspirer de leur tactique?», avait alors déclaré l'ancien premier ministre.
 
Après ces propos, le Centre Simon Wiesenthal, ONG qui traque les nazis afin qu’ils soient jugés, a affirmé que «les seules leçons en matière de gouvernement que des responsables puissent tirer du Troisième Reich nazi portent sur les choses à ne pas faire».

Mise en garde de la Corée-du-Sud
De son côté, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a mis en garde les dirigeants politiques japonais qui «doivent faire attention à ce qu'ils disent». Cho Tai-young a notamment considéré que les déclarations de M. Aso «blessaient beaucoup de gens» et heurtaient «les peuples des pays voisins du Japon envahis par l'armée impériale nipponesle passé».

Une allusion au fait que le Japon n'a jamais vraiment tourné la page de son passé militaire, selon la Corée du Sud et la Chine. Ces deux pays voisins de l'archipel nippon, sont inquiets après l'annonce d'une nouvelle Constitution voulue par le Parti Libéral-Démocrate (PLD, droite) du Premier ministre Shinzo Abe, vainqueur des dernières élections.

Déclarations saugrenues
Connu pour ses gaffes, ​Taro Aso, 72 ans, avait présenté ses excuses, en début d'année, après avoir appelé les personnes en fin de vie à mourir «rapidement» pour réduire les dépenses de santé. Alors qu'il était Premier ministre, entre septembre 2008 et 2009, d'autres déclarations saugrenues avaient valu à ce passionné de bandes dessinées japonaises le surnom de «cervelle de mangas».