Disparition de la Française Tiphaine Véron au Japon : la police intensifie les recherches autour d'une forêt

Les recherches se sont intensifiées après le témoignage d'un randonneur qui a déclaré avoir aperçu une "étrangère seule" le jour de la disparition de la Française.

Photo non datée de Tiphaine Véron, diffusée par sœur, à la suite de sa disparition inquiétante, depuis le 29 juillet 2018.
Photo non datée de Tiphaine Véron, diffusée par sœur, à la suite de sa disparition inquiétante, depuis le 29 juillet 2018. (SIBYLLE VERON / AFP)

La police japonaise a décidé, vendredi 10 août, d'intensifier les recherches près de Nikko pour tenter de retrouver Tiphaine Véron, une Française de 36 ans portée disparue depuis fin juillet dans cette région du nord-est de l'archipel où elle était en vacances, seule.

Quelque 80 hommes, un drone et un hélicoptère effectuaient une battue dans la forêt à la suite du témoignage d'un randonneur, qui a déclaré avoir aperçu une "étrangère seule" descendant le mont Nakimushi, le 29 juillet vers midi. Il a dit avoir été étonné de croiser quelqu'un alors que la météo ne se prêtait pas à ce type de balade, du fait du passage d'un typhon, selon ses propos rapportés par les médias locaux. "Nous voulons scruter au plus près un large périmètre, près des falaises par exemple, là où personne ne va habituellement, afin de la retrouver et la rendre au plus vite à sa famille", a expliqué aux télévisions japonaises sur place un officier de police de la préfecture de Tochigi.

Une zone de recherches difficile 

"Une battue en forêt est organisée dans une zone où ma sœur a potentiellement disparu. Il y a 68 policiers professionnels et des renforts aussi de pompiers volontaires de la région. Il y a également des personnes qui connaissent bien le coin", a expliqué à franceinfo la sœur de Tiphaine, Sybille Véron, qui est actuellement sur place. 

Ce n'est pas une zone anodine, tout le monde ne peut pas y aller.Sybille Véronà franceinfo

La petite montagne en question, de plus de 1 000 mètres d'altitude, présente plusieurs points dangereux, d'après les témoignages et photos de randonneurs, et le chemin lui-même, bordé de ravins, est couvert d'un enchevêtrement étroit de racines d'arbres. Les forces de l'ordre avaient déjà sondé une rivière et effectué des battues dans divers autres lieux depuis plusieurs jours, sans résultat.

"Pour chercher dans une forêt comme celle de Nikko, notamment la zone où ma sœur a peut-être disparu, il faut du monde et on avait l'impression qu'ils n'arriveraient pas à mobiliser. Je pense que si on n'avait pas médiatisé, on n'aurait peut-être pas mobilisé autant, estime la sœur de Tiphaine. On a assisté ce matin au départ de la battue. Ils nous ont expliqué tous les points où ils allaient chercher. Maintenant, on attend, on ne sait plus trop quoi faire à part ça, et espérer."

Tiphaine Véron est épileptique

La famille de Tiphaine avait interpellé par une lettre rendue publique le président français, Emmanuel Macron, souhaitant que davantage de moyens soient mobilisés pour chercher Tiphaine, vue pour la dernière fois le 29 juillet au matin alors qu'elle quittait son hôtel. Plusieurs témoignages sont parvenus ensuite à la police ainsi qu'à son frère et sa sœur arrivés à Nikko en fin de semaine dernière, mais sans fournir de piste fiable. L'ambassadeur de France au Japon, Laurent Pic, avait rencontré mardi les autorités de la préfecture afin de demander une intensification des recherches.

Tiphaine Véron, qui habite à Poitiers, est épileptique et peut avoir été victime d'une crise, selon sa sœur cadette Sibylle. Outre celle de l'accident, la piste criminelle n'est pas écartée. Sa famille se dit en revanche certaine qu'elle n'a pas pu disparaître volontairement, alors qu'elle avait préparé depuis six mois ce voyage de trois semaines dans l'archipel et se réjouissait de le partager via internet avec ses proches. Elle avait atterri au Japon le 27 juillet et était arrivée à Nikko le 28, la veille de sa disparition.