Vatican: le commandant des gardes suisses débarqué car «trop autoritaire»

Le pape François est connu pour sa volonté de réformer l’Eglise catholique. Cette fois, son attention s’est portée sur la Garde suisse pontificale dont il vient de limoger le responsable. Des hallebardiers, dont la mission est d’assurer la sécurité du souverain pontife, reprochaient au commandant Anrig d'être «trop autoritaire», ont rapporté des médias italiens.

Au Vatican, les gardes suisses sont 110 à veiller sur le pape, faisant la joie des touristes.
Au Vatican, les gardes suisses sont 110 à veiller sur le pape, faisant la joie des touristes. (AFP PHOTO / ANDREAS SOLARO)
«C'est la fin d'une dictature», s’est réjouit l’un des gardes suisses, cité par l’agence spécialisée sur le Vatican, I.Media, à l’annonce du limogeage de Daniel Anrig. Ce dernier aurait astreint les membres de la plus petite armée du monde à effectuer de longs tours de garde, selon le quotidien Il Messaggero. Il aurait également introduit l'usage de la tenue de gala pour les officiers, fait réaliser de longs travaux pour un grand appartement et congédié des hommes au terme de 20 ans de service. 

La décision du pape François serait également liée à sa volonté de donner une connotation «moins militaire» à la Garde suisse, ont indiqué des sources vaticanes citées par l'agence italienne ANSA.

C’est sans doute alors qu’ils étaient en faction devant la résidence Sainte-Marthe, où est installé Jorge Bergoglio, que les gardes questionnés par le souverain pontife ont fait part de leur mécontentement à l’égard du colonel Anrig. «Le Saint-Père a décidé que le colonel Daniel Rudolf Anrig, commandant du corps de la Garde suisse pontificale, terminera son service le 31 janvier 2015, au terme de la prolongation accordée après la fin de son mandat quinquennal», s'est contenté d'indiquer le quotidien Osservatore Romano.

En uniforme jaune, rouge, et gris de style Renaissance, casque à plume sur la tête, hallebarde à la main, 110 gardes suisses forment la petite armée chargée d’assurer la sécurité rapprochée du pape, tandis que la gendarmerie pontificale, composée d'Italiens, veille sur le petit Etat du Vatican. Soumis à une discipline de fer, les gardes suisses montent la garde, immobiles, devant toutes les entrées du Vatican faisant la joie des touristes.


En mai 2014, François avait reçu trente nouvelles recrues en audience: «Vous êtes appelés à donner un témoignage chrétien, serein et joyeux. Ce n'est pas l'uniforme mais celui qui l'endosse qui doit toucher les autres par la gentillesse, par l'esprit d'accueil», leur avait-il dit.

Conditions requises pour entrer dans la Garde suisse: être catholique pratiquant, avoir la nationalité suisse, moins de 30 ans, être en bonne santé et mesurer au moins 1,74 mètres. Les gardes, après avoir acquis une formation militaire, s'engagent pour une durée minimum de deux ans et sont contraints au célibat (sauf les officiers).

Cette institution pittoresque est une survivance d'un passé troublé. A l'origine, les gardes suisses avaient défendu le pape Clément VII lors du sac de Rome par les troupes de Charles Quint, le 6 mai 1527. 

Selon I. Media, le commandant Anrig, 42 ans, originaire du canton de Saint-Gall et père de quatre enfants, devrait être remplacé par l'actuel vice-commandant, le Lucernois Christoph Graf, à la réputation plus débonnaire. Nommé par Benoît XVI en 2008, Anrig quittera ses fonctions fin janvier 2015.