Rome se félicite de l'arrestation d'ex-membres des Brigades rouge en France, leur avocate dénonce "une trahison innommable"

Cinq hommes et deux femmes, condamnés en Italie pour des actes de terrorisme, notamment des assassinats dans les années 1970-80, ont été arrêtés.

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Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, le 12 avril 2021 à Washington (Etats-Unis). (MANDEL NGAN / AFP)

"On ne peut pas fuir ses propres responsabilités, la douleur qu'on a causée, le mal  qu'on a provoqué". Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi Di Maio, a salué dans un message publié sur Facebook l'arrestation de sept ex-membres des Brigades rouges, mercredi 28 avril, grâce à "la collaboration des autorités françaises et italiennes". Peu après, le président du Conseil, Mario Draghi, s'est déclaré "satisfait" de cette opération.

L'avocate de cinq des sept interpellés a de son côté dénoncé une "trahison innommable de la France""Je suis indignée et je n'ai pas les mots pour décrire cette opération qui s'apparente à une mini-rafle", a déclaré à l'AFP Me Irène Terrel, après l'annonce de l'arrestation de ces cinq hommes et deux femmes, condamnés en Italie pour des actes de terrorisme, notamment des assassinats, commis dans les années 1970-80.

Vers une contestation des procédures d'extradition

Selon l'Elysée, la décision de transmettre à la justice française les demandes d'extradition de ces sept anciens brigadistes et de trois autres qui n'ont pas été trouvés mercredi matin à leur domicile, "a été prise par le président" Emmanuel Macron "et s'inscrit strictement dans la 'doctrine Mitterrand'" d'accorder l'asile aux ex-brigadistes sauf pour les crimes de sang.

Pour Irène Terrel, scandalisée, "c'est la France qui leur a donné l'asile, les autorités, droite et gauche confondues, et non pas François Mitterrand".

"Depuis les années 1980, ces gens-là sont sous la protection de la France, ils ont refait leur vie ici depuis 30 ans, sont installés au vu et au su de tous, avec leurs enfants, leurs petits-enfants... et au petit matin, on vient les chercher, 40 ans après les faits ?" s'est indignée l'avocate. "C'est innommable et irrecevable en droit", a-t-elle conclu, décidée à contester ces procédures d'extradition.

Parmi ses clients arrêtés mercredi figure notamment Marina Petrella, 66 ans, condamnée à la prison à vie et à qui la France a accordé l'asile politique. Le président Nicolas Sarkozy s'était opposé en 2008 à son extradition, autorisée par la justice, en raison de son état de santé.

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