Sept anciens membres des Brigades rouges interpellés en France à la demande de l'Italie

L'extradition d'activistes d'extrême gauche venus se réfugier en France est une demande de l'Italie depuis des années, à laquelle Paris n'avait quasiment jamais accédé.

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Des tracts de propagande rédigés par les Brigades rouges italiennes annonçant le meurtre de l'ancien Premier ministre italien Aldo Moro, exposées le 27 mars 2012 à Milan. (GIUSEPPE CACACE / AFP)

Sept anciens membres des Brigades rouges, condamnés en Italie pour des actes de terrorisme commis dans les années 1970 et 1980, ont été interpellés en France mercredi 28 avril au matin, à la demande de Rome, a annoncé l'Elysée. Trois autres sont recherchés. La justice doit maintenant se prononcer sur l'extradition des personnes interpellées.

La décision de transmettre au parquet ces dix noms, sur "des demandes italiennes qui portaient à l'origine sur 200 individus", "a été prise par le président et s'inscrit strictement dans la 'doctrine Mitterrand'" d'accorder l'asile aux ex-brigadistes sauf pour les crimes de sang, a précisé l'Elysée.

"Je n'ai strictement aucun état d'âme", a commenté le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse. "Je suis fier de participer à cette décision qui, je l'espère, permettra à l'Italie, après quarante ans, de tourner une page de son histoire qui est maculée de sang et de larmes."

L'extradition d'activistes d'extrême gauche venus se réfugier en France après les "années de plomb", marquées par des attentats et des violences, surtout entre 1968 et 1982, est une demande de l'Italie depuis des années, à laquelle la France n'avait quasiment jamais accédé. Le Premier ministre italien, Mario Draghi, a exprimé mercredi sa "satisfaction face à la décision de la France".

"La France comprend l'absolu besoin de justice des victimes"

L'établissement de cette liste de dix noms est le fruit "d'un important travail préparatoire bilatéral, de plusieurs mois, qui a conduit à retenir les crimes les plus graves", a précisé la présidence. "Le président a souhaité régler ce sujet, comme l'Italie le demandait depuis des années", a ajouté l'Elysée.

"La France, elle-même touchée par le terrorisme, comprend l'absolu besoin de justice des victimes. Elle s'inscrit également, à travers cette transmission, dans l'impérieuse nécessité de la construction d'une Europe de la Justice, dans laquelle la confiance mutuelle doit être au centre", conclut l'Elysée.

Les ex-brigadistes arrêtés doivent être présentés d'ici 48 heures devant le parquet général de la cour d'appel de Paris, avant qu'un juge ne statue sur leur éventuelle détention ou leur remise en liberté sous contrôle judiciaire, le temps de l'examen par la justice des demandes d'extraditions italiennes.

Ce dossier avait resurgi au moment du retour en Italie de Cesare Battisti, capturé en janvier 2019 en Bolivie et extradé en Italie, après près de quarante ans de cavale en France puis au Brésil. Le ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini, avait alors affirmé que la France abritait depuis des décennies des "assassins ayant tué des innocents" et réclamé le retour en Italie d'"une quinzaine" de "terroristes italiens", "qui ont été condamnés mais ont la belle vie en France".

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