Les trois options du président italien pour mettre fin à la crise politique

Giorgio Napolitano mène d'intenses consultations avec les partis politiques samedi pour former un gouvernement. Selon la presse, sa démission serait dans la balance. 

Le président italien Giorgio Napolitano à Rome le 21 mars 2013.
Le président italien Giorgio Napolitano à Rome le 21 mars 2013. (MARIANELLA MARCO / OLYCOM / SIPA)

Le temps presse. Le président italien, Giorgio Napolitano, mène d'intenses consultations avec les partis, samedi 30 mars, pour tenter de sortir l'Italie de l'impasse politique. Jeudi, Pier Luigi Bersani, le chef de file de la gauche italienne, a renoncé à former un gouvernement, faute d'avoir pu constituer une majorité parlementaire stable pour le soutenir. Trois options s'offrent au président. 

La démission 

Cette décision serait inédite. Le président italien pourrait démissionner pour permettre la tenue de nouvelles élections, rapportent plusieurs médias samedi 30 mars. La Constitution italienne interdit en effet au président de la République de dissoudre le Parlement dans les derniers mois de son mandat. Celui de Giorgio Napolitano, qui est âgé de 87 ans, s'achève normalement le 15 mai. Son successeur aurait ainsi la faculté de dissoudre les chambres immédiatement et de convoquer de nouvelles législatives pour juin ou début juillet.

Concita De Gregorio, dans le quotidien Repubblica, évoque un véritable "Via Crucis" ("chemin de croix") pour le vieux président, confronté "au choix le plus difficile de son septennat". Mais il y a urgence. L'Italie s'est retrouvée au lendemain des législatives de la fin février  avec un centre gauche disposant de la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat où s'opposent trois forces antagonistes et de poids similaire (entre un quart et un tiers des voix) : la gauche de Pier Luigi Bersani, la droite de Silvio Berlusconi et les contestataires de l'ex-humoriste Beppe Grillo.

La nomination d'un gouvernement de transition

Selon certains éditorialistes, Giorgio Napolitano aurait posé la carte de sa démission sur la table pour contraindre les partis à se mettre d'accord au moins sur un gouvernement "institutionnel" de transition. Celui-ci se bornerait à quelques réformes avant de nouvelles élections, en commençant par la loi électorale qui a abouti à l'impasse actuelle.

Reste que jusqu'à present, ni la gauche ni la droite n'ont donné leur feu vert à ce "gouvernement du président", un exécutif qui serait dirigé par une personnalité neutre. Les médias spéculaient pourtant déjà sur des noms comme celui de la ministre de l'Intérieur, Anna Maria Cancellieri, membre du gouvernement Monti, très respectée à droite et à gauche. Celui du numéro deux actuel de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, ou encore celui de l'ex-commissaire européenne Emma Bonino circulaient également.

La reconduction de Pier Luigi Bersani

Selon Le Figaro, l'autre option de Giorgio Napolitano consisterait à reconduire Pier Luigi Bersani, le chef de la gauche italienne. Mais celui-ci a déjà échoué à former un gouvernement et ce malgré "six jours de pourparlers frénétiques", précise le quotidien. 

Chacun campe en effet sur ses positions : le M5S de Beppe Grillo, qui a canalisé un vote antipartis et anti-austérité, réclame un gouvernement sous ses propres couleurs. Silvio Berlusconi propose un pacte "faustien" à la gauche, qui demande pour sa part de tenter sa chance au Parlement pour essayer de grappiller des voix des "grillini" (membres du M5S).

Des positions tellement éloignées que l'espoir d'une solution sans nouvelles élections semble s'être aujourd'hui largement évanoui.