Italie. Les marchés sanctionnent le pataquès politique

Après l'annonce de la démission de Mario Monti, la Bourse de Milan a chuté de plus de 2% dès l'ouverture, ce matin.

Le président du conseil italien, Mario Monti, le 15 novembre 2012 à Milan (Italie).
Le président du conseil italien, Mario Monti, le 15 novembre 2012 à Milan (Italie). (OLIVIER MORIN / AFP)

ITALIE – La démission annoncée de Mario Monti et le retour de Silvio Berlusconi sur le devant de la scène politique n'ont pas vraiment fait sourire les marchés. Lundi 10 décembre, la Bourse de Milan a chuté de plus de 2% dès l'ouverture. Le président du Conseil italien était en effet considéré par les marchés comme un gage de stabilité pour le pays. Les banques ont particulièrement été touchées par ce décrochage : leurs titres ont chuté de 4% à 5%. Les opérateurs redoutent que les banques ne soient pénalisées par un probable regain de tension sur le marché obligataire, dans le sillage de cette nouvelle crise politique.

Effectivement, les taux italiens des emprunts à dix ans se sont nettement tendus sur le marché de la dette européenne. A 11 heures, les taux à 10 ans s'inscrivaient à 4,781% contre 4,525% vendredi soir, sur le marché secondaire, là où s'échangent les titres de dette déjà émis. "L'Italie entre dans une nouvelle phase d'instabilité avec de nouvelles élections", souligne le Crédit Agricole, cité par l'AFP. "Cette crise politique se traduit par une tension sur les taux des pays fragiles", fait remarquer Saxo Bank. Les taux espagnols à 10 ans s'inscrivaient également en hausse lundi matin, à 5,614% contre 5,456% vendredi soir.