Italie : le retour du fascisme ?

En Italie, une fusillade raciste contre des Africains samedi dernier a créé un électrochoc à un mois des élections législatives. Cette attaque alimente les inquiétudes sur la montée du racisme et des discours de haine sur fond de rejet des migrants.

France 2

Voici le visage du néofascisme italien. Luca Traini, 28 ans, drapeau national sur les épaules. Au volant de sa voiture, armé d'un pistolet automatique, il se livre à une chasse à l'étranger en plein centre-ville. Bilan : six blessés, tous des Africains. Il voulait, dira-t-il, éradiquer l'immigration clandestine. Une attaque raciste en pleine campagne électorale. Un choc pour les Italiens, qui découvrent que Luca Traini a été candidat de la Ligue du Nord, parti qui pourrait arriver au pouvoir dans un mois et dont les propos ouvertement racistes de son chef ont pu l'encourager à passer à l'acte.

La coalition entre la droite et l'extrême droite au top des sondages

Quelques heures après l'acte xénophobe, des milliers de messages de soutien à son auteur sont publiés sur internet. Une banderole en son honneur est même déroulée en plein centre de Rome. Les experts pensent que le pays n'a jamais vraiment tourné la page. La droite modérée se lance elle aussi dans des diatribes anti-étrangers, à l'image de Silvio Berlusconi, l'homme clé de cette élection. À un mois de l'élection, cette atmosphère hostile aux migrants est favorable à la coalition entre la droite et l'extrême droite, qui caracole en tête avec huit points d'avance sur les populistes du Mouvement 5 Étoiles.

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Une ambulance prend en charge des blessés après une fusillade à Macerata, en Italie, samedi 3 février 2018.
Une ambulance prend en charge des blessés après une fusillade à Macerata, en Italie, samedi 3 février 2018. (GUIDO PICCHIO/AP/SIPA / AP)