Italie : des élections à plusieurs inconnues

Près de 50 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, ce dimanche 4 mars. Des élections législatives marquées par une grande inconnue tant les Italiens sont divisés. Explications.

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Péninsule plombée par une dette publique colossale, implantation de l'extrême-droite dans le nord et crise migratoire notable : le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une Italie en difficulté qui a rendez-vous avec ses électeurs. Pour en parler, Jérémy Dousson, directeur général adjoint du magazine Alternatives Internationales est l'invité du plateau du Soir 3.

Auteur du récent ouvrage "Un populisme à l'italienne", il évoque "une reprise économique ces dernières années" du fait du gouvernement sortant. "Sur les dernières années, un million d'emplois ont été créés. Les critiques disent qu'il s'agit d'emplois précaires, et c'est le cas. Mais il y a eu une baisse du chômage et une croissance qui s'établit à 1.5%."

''Le Cavaliere'' de retour dans une coalition des droites

La crise migratoire qui bouleverse de l'autre côté des Alpes est au centre des préoccupations. "Il y a environ 150 à 160 000 migrants qui arrivent en Italie chaque année. Il y en a à peu près autant qui sont déjà en Italie, en attente de s'installer sur place ou de partir dans d'autres pays européens. Et c'est vrai que l'extrême-droite, représentée par la Ligue du Nord, fait son beurre sur cette crise migratoire", poursuit le spécialiste.

Ce scrutin est marqué par le retour de l’ancien "Cavaliere", Silvio Berlusconi, qui mène une coalition avec l'extrême-droite. "La coalition des droites, qui aujourd'hui est en tête dans les sondages avec 35-40%, pourrait gouverner seule si elle dépasse les 40%. Elle regroupe plusieurs partis allant du centre-droit à l'extrême-droite, dont la Ligue du Nord et effectivement Forza Italia de Silvio Berlusconi", détaille Jérémy Dousson. Avant d'ajouter : "C'est un peu comme si en France, vous aviez sur le même bulletin de vote : Alain Juppé, François Fillon, Laurent Wauquiez et toutes les sensibilités de la famille Le Pen."

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Silvio Berlusconi le 1er mars 2018 lors d\'un meeting politique à Rome, en Italie.
Silvio Berlusconi le 1er mars 2018 lors d'un meeting politique à Rome, en Italie. (MICHELE SPATARI / NURPHOTO)