Cris de singe lors du match de foot Cagliari-Juventus : "Il y a un moment où il faut dire stop", réagit l'ex-footballeur Olivier Dacourt

Mardi soir, des spectateurs du match du championnat italien de football entre Cagliari et la Juventus de Turin ont lancé des cris de singe visant notamment le milieu de terrain français Blaise Matuidi. 

Le défenseur Portugais Joao Cancelo réconforte Moise Kean, alors que des supporters de Cagliari ont jeté des projectiles et proféré des cris de singe après son but.
Le défenseur Portugais Joao Cancelo réconforte Moise Kean, alors que des supporters de Cagliari ont jeté des projectiles et proféré des cris de singe après son but. (MARCO BERTORELLO / AFP)

"J’étais en colère et en même temps, ce n’est pas une surprise", a réagi mercredi 3 avril sur franceinfo Olivier Dacourt, ancien joueur et co-auteur, avec le journaliste Marc Sauvourel, du documentaire Je ne suis pas un singe, après les agissements racistes de la part de supporters de Cagliari lors du match face à la Juventus de Turin (0-2) mardi 2 avril. Le milieu de terrain français, Blaise Matuidi, et ses coéquipiers Moise Kean et Alex Sandro ont été visés par des cris de singe. Il appelle à une "tolérance zéro".

"J’ai entendu la ministre des Sports dire que si elle entendait des cris homophobes, on suspendrait des matchs de football. Que ce soit l’homophobie, l’antisémitisme ou les cris racistes, il y a un moment où il faut dire stop. À partir du moment où il y a une vraie volonté, on pourra peut-être un jour arriver à faire quelque chose", a-t-il expliqué.

Aucune sanction

C’est justement, lors d’un match Cagliari-Juventus qu’Olivier Dacourt a décidé de travailler sur ce documentaire il y a un an et demi et "c’est toujours d’actualité", déplore l’ancien joueur de football. "Blaise Matuidi interpelle son entraîneur et il n’y a rien qui se fait, aucune sanction. Si des clubs comme la Juventus de Turin ne font pas [quelque chose], qui va le faire ? On a besoin d’exemple. Il y a un fléau qui est en train de ravager l’Italie, mais aussi l’Europe, une montée du nationalisme et il faut faire très attention, car il ne faut pas oublier que le football n’est que le reflet de la société", a ajouté Olivier Dacourt.

Et quand le coéquipier Léonardo Bonucci dit après le match au micro d’un média italien qu’il y a une responsabilité partagée, "c’est beaucoup de maladresse", reconnaît Olivier Dacourt. "À chaud, on dit parfois qu’il n’y a plus d’oxygène dans le cerveau et on dit des conneries. Il aurait dû se taire".