Le nouvel ambassadeur en Israël nommé par Trump veut s'installer à Jérusalem

Donald Trump poursuit sa campagne pour «secouer le système» avec la nomination d’un avocat spécialiste des faillites comme nouvel ambassadeur en Israël. David Friedman milite pour la colonisation de la Cisjordanie et pour le déplacement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Sa nomination est une provocation pour les Palestiniens et une rupture avec la ligne diplomatique américaine.

David Friedman, futur ambassadeur en Israël nommé par Donald Trump.
David Friedman, futur ambassadeur en Israël nommé par Donald Trump. (Times of israel)

Aux Etats-Unis, l’équipe de Donald Trump a annoncé le 15 décembre 2016 la nomination prochaine de l’avocat David Friedman comme nouveau représentant des Etats-Unis en Israël. 

Avocat spécialiste des faillites, David Friedman, 57 ans, a conseillé Donald Trump lorsque les casinos du milliardaire ont déposé le bilan. Ce juif pratiquant n’a aucune expérience diplomatique, mais il parle couramment hébreu et se décrit comme «un amoureux inconditionnel d’Israël». Friedman estime que la construction des colonies dans les Territoires occupés n’a rien d’illégal. Une position en rupture totale avec la diplomatie américaine qui considère les colonies comme un obstacle à la paix. Cette nomination, si elle est confirmée par le Sénat américain, enterrerait pour longtemps une solution à deux Etats dans la région.

Un ami de Trump et de son gendre
David Friedman est le président de l'associaton des Amis américains de Beit El, du nom d'une colonie israélienne située à la sortie de Ramallah. Au sein de Beit El se trouve le siège du gouvernement militaire qui gère la Cisjordanie. Jared Kushner, marié à Ivanka (fille de Donald Trump), contribue à coups de milliers de dollars à cette association d'amis américains présidée par Friedman.

Friedman est aussi un adversaire déclaré d’une solution à deux Etats, le plan de paix défendu par la communauté internationale: «Il n’y a jamais eu de solution à deux Etats, juste une narration à deux Etats», a-t-il écrit. Il préconise même l'idée qu’Israël puisse annexer la Cisjordanie.

Une ambassade américaine à Jérusalem
En accord avec Donald Trump, David Friedman veut déménager l'ambassade américaine de Tel-aviv à Jérusalem. Une décision rejetée par tous les gouvernements américains depuis 60 ans. Une décision vécue comme une provocaiton par les Palestiniens et le monde musulman.

Le secrétaire général de l’OLP, Saeb Erekat, a averti le 16 décembre que la mise en œuvre de la promesse de Donald Trump de déménager l'ambassade américaine à Jérusalem détruirait toute perspective de paix avec Israël.

Pour le chef-négociateur au processus de paix avec plusieurs gouvernements israéliens au fil des années, «la question du statut définitif de Jérusalem est une question à négocier entre Israël et les Palestiniens».
 
Erekat affirme qu'il aimerait regarder Trump et Friedman dans les yeux et leur dire: «Si vous deviez prendre ces mesures de déménagement de l'ambassade et d'annexer les colonies en Cisjordanie, vous envoyez cette région à plus de chaos, d'anarchie et d'extrémisme.»
 
Netanyahu débordé sur sa droite
Même Benjamin Netanyahu semble débordé sur sa droite. Le Premier ministre israélien continue de se dire favorable à un Etat palestinien, démilitarisé et reconnaissant Israël comme un Etat juif. David Friedman se retrouve plutôt en phase avec le ministre d’extrême droite de l’Education, Naftali Bennett. Celui-ci n’est pas l’allié parfait du Premier ministre.
 
La nomination de M.Friedman a également sidéré une partie des cinq millions d'Américains juifs. Le groupe J Street, classé à gauche et qui se décrit comme «favorable à Israël et à la paix», a dénoncé un choix «irresponsable» qui «risque d'entacher la réputation et la crédibilité de l'Amérique dans la région et dans le monde». «La nomination de Friedman est "inacceptable" et J street luttera pour persuader les sénateurs américains de ne pas confirmer sa nomination.» Ils ont en outre averti «des conséquences désastreuses si Israël annexait des colonies construites sur des terres occupées».
 
En nommant un homme aussi controversé à ce poste clé du Proche-Orient, Donald Trump poursuit ses nominations disruptives, comme à l’Environnement ou à la Diplomatie. Il confirme sa volonté de déconstruire la politique étrangère américaine.