Israël: un Palestinien tué par des juifs inscrit puis retiré du mur des victimes

L'inscription sur le mur officiel des «victimes d'actes terroristes» en Israël du nom du jeune Palestinien Mohammed Abou Khdeir, brûlé vif par des juifs, est au cœur d'une controverse, le ministère de la Défense l'ayant décidée mais la famille la refusant. Son nom a été inscrit puis retiré.

Manifestation de soutien à la famille de Mohammed Abou Khdeir.
Manifestation de soutien à la famille de Mohammed Abou Khdeir. (Ahmad Gharabli/AFP)
Il avait 16 ans quand il a été enlevé le 2 juillet 2014 à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël. Son cadavre a été découvert quelques heures plus tard dans un bois à l'ouest de la ville. Trois juifs extrémistes ont avoué l'avoir assassiné pour venger l'enlèvement et le meurtre de trois jeunes Israéliens près de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, attribués par Israël au Hamas, et que celui-ci a toujours vigoureusement nié. Les autorités israéliennes avaient fait graver le nom de Mohammed Abou Khdeir sur le mur officiel des «victimes d'actes terroristes» à l'occasion de la journée du Souvenir pour les soldats tués et les victimes d'attentats. 

La famille du jeune Palestinien a demandé immédiatement son retrait de la liste. «Je suis Palestinien, pas Israélien, même si j'ai le statut de résident à Jérusalem accordé par Israël, et je ne veux pas que son nom soit inscrit à côté de ceux de soldats israéliens. Ce que j'attends d'Israël, c'est que justice soit rendue et que les assassins de mon fils soient condamnés à la prison à vie», s’indigne son père, Hussein Abou Khdeir. 


Les trois personnes arrêtées ont été reconnues coupables, leur procès est toujours en cours devant un tribunal de Jérusalem. Les médias se sont emparés de cette affaire, obligeant le gouvernement à réagir. L'Assurance nationale, l'organisme étatique responsable des familles des victimes d'attentats inscrites sur cette liste, a annoncé que, conformément au souhait de la famille, le nom du jeune Mohammed Abou Khdeir serait retiré du mur. Ce qu'a confirmé le 22 avril 2015 son porte-parole, sans donner d'explication.