Troupes internationales présentes en Irak : qui reste, qui part et pourquoi ?

De nombreux soldats de la coalition internationale sont basés en Irak. La mort du général Iranien Qassem Soleimani remet leur présence en cause.

Un soldat français engagé au sein de la coalition internationale, le 9 février 2019, près de Al-Qaim, en Irak.
Un soldat français engagé au sein de la coalition internationale, le 9 février 2019, près de Al-Qaim, en Irak. (DAPHNE BENOIT / AFP)

"Aucune victime n'est à déplorer", a affirmé Donald Trump mercredi 8 janvier, après les tirs de 22 missiles par les Iraniens sur des bases irakiennes abritant des soldats américains. Le bras de fer diplomatique entre les États-Unis et l'Iran a passé un cap après l'assassinat ciblé du général iranien Qassem Soleimani vendredi 3 janvier.

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Pourquoi des soldats étrangers se trouvent-ils en Irak ?

La coalition internationale a été mise en place pour lutter contre le groupe État islamique en Syrie et en Irak dans le cadre de l'opération Inherent Resolve placée sous commandement américain. En 2014, alors que les jihadistes s'emparaient d'un tiers du territoire irakien et de larges pans de la Syrie, Bagdad avait réclamé de l'aide dans une lettre envoyée au Conseil de sécurité des Nations unies.

C'est donc à la demande du gouvernement irakien que la coalition est intervenue. Formée par 76 États, elle est composée de plusieurs milliers de soldats et d'instructeurs venus pour former les forces irakiennes. Avec 5 200 soldats, le plus gros contingent présent sur le sol irakien est américain.

Qui a décidé de partir ?

Après la mort du général iranien Soleimani dans une frappe de drone américain, le parlement irakien a demandé le départ des forces étrangères. Le contingent allemand basé à Bagdad et à Taji au nord de la capitale irakienne a quitté le pays mardi. Ce contingent est composé de 35 militaires de la Bundeswehr, ils ont été transférés sur une base de l'armée de l'air allemande en Jordanie. D'autres ont été déplacés au Koweït. Néanmoins, 90 soldats allemands restent positionnés au Kurdistan irakien.

Le Canada, pour sa part, va déplacer temporairement au Koweït voisin une partie de ses 500 soldats basés en Irak. Ceux-ci participent notamment à la mission de formation de l'OTAN, dirigée par une Canadienne.

L'Otan, qui a rejoint la coalition, a annoncé également un retrait temporaire de son personnel. Le contingent de l'Otan en Irak est composé de plusieurs centaines de personnels civils et militaires issus des États membres. Ils seront repositionnés sur des sites en Irak et en dehors d'Irak. D'autres pays, qui ont une présence moins importante en Irak, ont également pris des mesures. C'est le cas de la Roumanie qui a déployé 14 soldats. Ils vont être relocalisés en raison des fortes tensions dans la région.

Qui a décidé de rester ?

L'Italie va maintenir ses 600 hommes en Irak, dont un détachement des forces spéciales. Au total, 450 soldats italiens entraînent des combattants kurdes à Erbil. Une cinquantaine d'autres militaires, qui se trouvaient sur une base américaine à Bagdad, ont été repositionnés dans une zone plus sûre en début de semaine, au lendemain de la mort du général Soleimani.

La France a également fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention de retirer ses soldats d'Irak mais que leur sécurité avait été renforcée. Pour la France, 200 militaires sont actuellement sur place, dont 160 affectés à la formation de l'armée irakienne. Leurs activités ont été suspendues jusqu'à nouvel ordre. Les autres se trouvent au quartier général de la coalition dans la zone verte de Bagdad.

Pas de retrait non plus pour les 400 soldats britanniques, qui entraînent les forces de sécurité irakiennes et leur fournissent de l'équipement. Par mesure de précaution, 50 d'entre eux auraient été déplacés en dehors de Bagdad.