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Grève de la faim du cinéaste iranien Jafar Panahi : sa productrice se dit "inquiète" et aimerait davantage de mobilisation à l'international

Jafar Panahi, l'un des cinéastes iraniens les plus primés, a été arrêté le 11 juillet. Michèle Halberstadt, dont la société distribue les films du réalisateur, estime que davantage d'actions pourraient être menées pour tenter de lui venir en aide.
Article rédigé par franceinfo
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Le réalisateur iranien Jafar Panahi  lors d'un entretien avec l'AFP à Téhéran le 30 août 2010. (ATTA KENARE / AFP)

Michèle Halberstadt, productrice, dont la société ARP Sélection distribue les films de Jafar Panahi, se dit "inquiète" jeudi 2 février sur franceinfo. Le cinéaste iranien est en prison à Téhéran, depuis le 11 juillet dernier et il a entamé une grève de la faim pour protester. Ce qui inquiète particulièrement la productrice, ce n'est pas seulement qu'il ait arrêté de se nourrir, ce qui lui fait le plus "peur", c'est "le ton qui accompagne cette décision. Les mots qu'il emploie. C'est quelqu'un qui a toujours recours à la sagesse, à l'humour. Là, je sens une absence totale d'esprit, de légèreté et une absence totale d'espoir et de vision d'avenir."

>>> Le cinéaste Jafar Panahi en grève de la faim pour protester contre "le comportement inhumain de l'appareil judiciaire et sécuritaire" en Iran

Michèle Halberstadt a tout de même quelques nouvelles via la femme du cinéaste : "On a vraiment cru pendant trois mois qu'il allait sortir parce qu'on s'est aperçus que la condamnation prononcée en 2010 n'est plus valable puisqu'en Iran si vous n'avez pas purgé votre peine, au bout de 10 ans elle est caduque", explique la productrice. Jafar Panahi a été arrêté en juillet dernier. Il purge désormais une peine de six ans de prison pour une condamnation prononcée il y a plus de 10 ans. Elle avait donc été annulée en octobre dernier mais cette annulation n'a pas respectée.

"De l'arbitraire total"

"C'est remonté jusqu'à la Cour suprême iranienne, poursuit-elle, qui a dit qu'il n'avait plus de raison d'être en prison." Malgré tout, cette décision n'a pas été respectée, ce que regrette la productrice : "La police au-dessus, le service révolutionnaire, n'en tient pas compte. Si même entre eux ils ne respectent pas leurs propres lois, que voulez-vous attendre d'un régime pareil ?", questionne-t-elle. "C'est de l'arbitraire total et même contre leurs propres lois, c'est ça qui est hallucinant. Vous ne pouvez vous fier à aucune logique. C'est ça le plus perturbant. Vous ne pouvez rien anticiper si ce n'est le pire."

Concernant la mobilisation du monde de la culture à l'international, Michèle Halberstadt estime que davantage d'actions pourraient être menées :

"Je pense que nous, en tant que professionnels de la culture, il faut [se mobiliser]. Moi j'essaye d'organiser une projection hebdomadaire avec des films de Panahi avec des personnes qui peuvent venir en débattre."

Productrice, de Jafar Panahi

à franceinfo

Selon elle, il ne faut pas se "contenter de signer ou de liker", il faut "agir" même si elle dit avoir conscience que "c'est difficile" parce que "tout le monde a ses soucis et son quotidien à gérer." "Il faut seulement montrer à cet homme qu'il n'est pas seul. Moi si j'ai fait cette pétition ce n'est pas dans l'espoir qu'elle influe sur le gouvernement iranien, j'essaye simplement de dire à Jafar Panahi de ne pas perdre courage et qu'on est là avec lui et qu'on pense à lui', conclut-elle.

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