Iran : l'athlète iranienne Elnaz Rekabi rentre à Téhéran sous les acclamations

Dans son premier commentaire sur Instagram depuis sa disparition, Elnaz Rekabi a présenté mardi "des excuses pour l'inquiétude" qu'elle a pu causer. La grimpeuse a assuré que la décision de retirer son voile lors d'une récente compétition n'était "pas intentionnelle". 

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La grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi aux championnats d'Asie, à Séoul, en Corée du Sud, le 16 octobre 2022.  (RHEA KANG / INTERNATIONAL FEDERATION OF SPORT CLIMBING / AFP)

"Elnaz ! Héros ! Elnaz ! Héros !" Sous les cris enthousiastes de la foule, l'athlète iranienne Elnaz Rekabi a atterri dans la nuit, mercredi 19 octobre, à l'aéroport de Téhéran, après avoir participé aux championnats d'Asie d'escalade, en Corée du Sud. Dans une vidéo publiée sur Twitter par un journaliste du Point, on aperçoit la grimpeuse être acclamée, au retour de la compétition à laquelle elle a participé sans porter de voile, enfreignant une loi de la République islamique.

Après ce geste, interprété comme un soutien au mouvement de contestation en cours dans le pays, ses proches avaient déclaré dimanche être sans nouvelle de l'athlète de 33 ans depuis la fin de la compétition. 

Dans son premier commentaire sur Instagram depuis sa disparition, Elnaz Rekabi a présenté mardi "des excuses pour l'inquiétude" qu'elle a pu causer. Elle assure que la décision de retirer son voile n'était "pas intentionnelle" mais motivée par l'appel à effectuer l'épreuve plus tôt que prévu. "Je suis actuellement sur le chemin du retour vers l'Iran avec l'équipe selon le calendrier prévu", poursuit-elle.

Un témoignage sous pression ?  

Mais les circonstances de la publication de ce communiqué ont soulevé des interrogations quant à d'éventuelles pressions exercées sur l'athlète. La BBC en persan a cité une source anonyme affirmant que ses amis n'avaient pas réussi à la joindre et que l'équipe aurait quitté son hôtel à Séoul lundi, soit deux jours plus tôt que prévu. Son téléphone portable et son passeport lui ont été confisqués, selon la même source.

Le site d'information Iran Wire rapporte quant à lui que le président de la Fédération iranienne d'escalade l'aurait attirée à l'ambassade d'Iran pour la conduire directement à l'aéroport, assurant à Elnaz Rekabi qu'elle pourrait rentrer saine et sauve en Iran à condition de remettre son téléphone et son passeport, selon le média. "Elnaz Rekabi a été contrainte d'avouer à la télévision (...). Elle ne fait que répéter ce qu'on lui a dit de dire", a réagi ainsi un journaliste iranien qui collabore à l'Iran Wire en publiant la vidéo d'une interview de l'athlète à sa descente d'avion. 

De son côté, l'ambassade d'Iran à Séoul a démenti "toutes les fausses informations et la désinformation" au sujet de sa situation. Elle affirme qu'Elnaz Rekabi a quitté la Corée du Sud avec ses coéquipiers mardi, selon un communiqué adressé à l'AFP.

Le Haut-Commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a précisé être "au courant" de ce dossier qu'il allait "suivre très attentivement""Les femmes ne devraient jamais être poursuivies pour ce qu'elles portent. Elles ne devraient jamais subir de violations de leurs droits telles que la détention arbitraire ou quelque forme de violence que ce soit en raison de ce qu'elles portent", a ajouté l'agence basée à Genève.

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