Iran : la répression des manifestations fait 143 morts, selon Amnesty International

L'Iran est secoué depuis vendredi 15 novembre par un mouvement de contestation né après l'annonce surprise de l'augmentation du prix du carburant.

Des Iraniens manifestent contre la hausse du prix de l\'essence, à Ispahan (Iran), le 16 novembre 2019.
Des Iraniens manifestent contre la hausse du prix de l'essence, à Ispahan (Iran), le 16 novembre 2019. (AFP)

Pour les autorités iraniennes, le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis le 15 novembre n'aurait entraîné le décès que de cinq personnes. Selon un nouveau bilan de l'ONG Amnesty International diffusé lundi 25 novembre, les manifestations et leur répression par Téhéran auraient en réalité fait 143 morts.

"La communauté internationale doit dénoncer l'usage intentionnel de la force létale par les forces de sécurité iraniennes ayant conduit au meurtre d'au moins 143 manifestants dans les rassemblements ayant éclaté le 15 novembre", affirme Amnesty International dans un communiqué. Jusqu'à présent, l'organisation faisait état "d'au moins 106 morts".

Des tirs "intentionnels" vers la foule

Dans son communiqué, Amnesty International indique que "les morts ont presque toutes été provoquées par l'usage d'armes à feu". Selon elle, des vidéos montrent que les forces de sécurité ont tiré "intentionnellement" contre des manifestants qui ne les menaçaient pas, voire "s'enfuyaient en courant". Elle ajoute que les autorités ont dans certains cas refusé de rendre les corps des victimes à leur famille.

L'Iran a pourtant assuré la semaine dernière avoir ramené le calme après plusieurs de manifestations déclenchées par l'annonce d'une hausse du prix de l'essence alors que le pays connaît actuellement une crise économique due au rétablissement des sanctions américaines. Les autorités iraniennes ont accusé les "ennemis" de l'Iran à l'étranger – les Etats-Unis et Israël – d'être à l'origine de ces troubles.