VIDEO. Les Sentinelles, un peuple prêt à tout pour rester coupé du monde

Un Américain est mort sous les flèches d'une tribu isolée. Ce peuple, c'est les Sentinelles.

BRUT

Ils n'ont aucun contact avec l'extérieur. Isolés. "Ils sont sur un toute petite île, assez lointaine (…) c'est quasiment impossible d'y aller et puis surtout, ils ne veulent parler à personne", relate le grand reporter Alexandre Dereims.

Ce peuple ? Ce sont les Sentinelles. Depuis 50 000 ans, ils vivent reclus sur l'île de North Sentinel, dans le golfe du Bengale. Et pour preuve, presque toutes les expéditions visant à entrer en contact avec eux se sont soldées par des échecs. Au-delà de l'échec, certaines expéditions ont aussi connu des fins tragiques. Comme en 1880, où une expédition britannique, menée par l'officier Maurice Vidal Portman s’est conclue par l'enlèvement de six Sentinelles. Ces rafles touchent d'ailleurs d'autres tribus pygmées installées sur les îles Andaman voisines.

Des expéditions peu concluantes

C'est en 1967 que le gouvernement indien va débuter une série d'expéditions. Mais à chaque arrivée des étrangers, les Sentinelles se cachent dans la forêt.

En 1991, un anthropologue est parvenu à entrer en contact avec eux en leur offrant des noix de coco avant d'être chassé quelques minutes après par les Sentinelles. Finalement, en 1996, le gouvernement indien abandonne tous ses projets d'exploration.

"Je pense que ce sont de très précieux citoyens de notre pays. Nous devons respecter leur liberté, nous devons respecter leurs droits, ainsi que leur mode de vie", estime P.C Joshi, professeur d'anthropologie à l'université de New Delhi.

Interdiction d'approcher

Ainsi, depuis cette date, les rares tentatives d'approche sont repoussées, notamment par des tirs de flèches. En 2006, deux hommes pêchant illégalement autour de l'île, ont été tués par la tribu.

En 2018, c'est un touriste américain qui est tué par les Sentinelles, John Chau, âgé de 27 ans qui voulait les évangéliser. Approcher de cette île est pourtant formellement interdit. Chaque contact avec des étrangers représente en effet un grand risque d'épidémie pour cette tribu comptant parmi les derniers peuples isolés au monde. "J'ai ingurgité énormément d'antibiotiques donc je suis porteur d'énormément de germes. Juste en leur serrant la main, je peux leur transmettre des centaines de milliers de bactéries. Ils peuvent mourir de virus grippaux. Une simple grippe peut les tuer parce qu'ils ne sont pas immunisés contre ça. Alors, c'est très important que tout contact avec eux soit extrêmement contrôlé", explique P.C Joshi.

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