Rebelle, motard et démissionnaire : qui est Yanis Varoufakis, le ministre grec qui vient de claquer la porte du gouvernement ?

En cinq mois, ces frasques et son style remarqué n'ont pas manqué d'agacer les créanciers de la Grèce, avec qui il devait discuter en tant que ministre des Finances grec.

Yanis Varoufakis arrive à une rencontre avec le Premier ministre, à Athènes (Grèce), le 21 juin 2015. 
Yanis Varoufakis arrive à une rencontre avec le Premier ministre, à Athènes (Grèce), le 21 juin 2015.  (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Il avait promis de démissionner si le "oui" l'emportait au référendum. Malgré la large victoire du "non", dimanche 5 juillet, le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, a tout de même quitté le gouvernement d'Alexis Tsipras. Une démission annoncée lundi matin par un tweet laconique "Ministre, c'est fini !"

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"On m’a informé d’une certaine préférence de plusieurs membres de l’Eurogroupe et de 'partenaires' associés (...) pour mon 'absence' des réunions ; une idée que le Premier ministre a jugé potentiellement utile à l’obtention d’un accord. Pour cette raison, je quitte le ministère des Finances aujourd’hui", détaille-t-il sur son blog. Francetv info trace le portrait de cet ex-ministre aussi populaire que controversé. 

La "bête noire" de Bruxelles

Les créanciers semblent avoir finalement obtenu la tête de Yanis Varoufakis. Un départ ponctué par une dernière pique. "Je porterai le dégoût des créanciers avec fierté", a-t-il conclu, lundi, sur son blog. Il faut dire que depuis sa nomination au gouvernement, en janvier dernier, Yanis Varoufakis a eu le don d'agacer prodigieusement ses partenaires de Bruxelles. 

Connu pour ses tenues décontractées lors des réunions de l'Eurogroupe, ce professeur d'économie de 54 ans a surtout multiplié les déclarations provocatrices contre les créanciers du pays. Dernière en date, samedi 4 juillet, lorsqu'il les a accusés de "terrorisme", et de vouloir "humilier les Grecs".

"C'est un homme très entier qui a beaucoup de fougue, beaucoup de foi", a commenté le ministre des Finances français, Michel Sapin, lundi sur Europe 1. "Mais le terme de terrorisme, surtout quand on le vit depuis la France, quand on sait comment nous avons été frappés par le terrorisme, c'est quelque chose qui est mal passé".

Un ministre iconoclaste

Pendant ses cinq mois au gouvernement, ses coups d'éclat en ont fait le chouchou des médias, notent Les Echos. Son crâne rasé, sa carrure de rugbyman, et ses arrivées pétaradantes en moto aux Conseils des ministres lui ont valu de nombreux portraits.

Mais Yanis Varoufakis cumule aussi les maladresses de communication, comme cet article publié dans Paris-Match où il affirme qu'il "méprise le star-système", tout en posant avec sa compagne sur sa terrasse avec vue sur l'Acropole, à Athènes.

La diffusion, en mars, à la télévision allemande d'une vidéo montrant Yanis Varoufakis faire un doigt d'honneur à l'Allemagne a créé la polémiqueJan Böhmermann, le présentateur d'une émission satirique allemande, a fini par avouer que les images avaient été truquées. Mais cette histoire illustre bien le caractère sulfureux qu'on prête à l'ancien ministre grec. 

Un démissionnaire star des réseaux sociaux

Yanis Varoufakis s'est aussi illustré par son omniprésence sur les réseaux sociaux. Fort de ses 550 000 abonnés sur Twitter, l'ancien ministre n'hésite pas à s'en prendre aux journalistes sur le réseau, qu'il accuse de déformer ses propos. 

Difficile d'échapper ce lundi au hashtag #Varoufakis sur Twitter, que l'on compte parmi les dix tendances du jour, note France info. Les internautes n'ont pas hésité à lui consacrer des montages humoristiques, le comparant par exemple à Bruce Willis dans la série Die Hard ou à Voldemort dans la saga Harry Potter