Quand une partie de la droite française se félicite de la victoire de Syriza

La droite souverainiste applaudit le triomphe de la gauche radicale en Grèce. Elle y voit un premier coup d'arrêt à l'austérité prônée par Bruxelles.

Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, le 8 novembre 2014, à Nice.
Le député-maire de Nice, Christian Estrosi, le 8 novembre 2014, à Nice. (ERICK GARIN / CITIZENSIDE / AFP)

Le triomphe de Syriza aux législatives grecques, dimanche 25 janvier, provoque des réactions surprenantes dans la classe politique française. Si les cris de victoire de Jean-Luc Mélenchon et de la gauche de la gauche paraissent naturels étant donné leur proximité idéologique avec le parti d'Alexis Tsipras, les prises de position de plusieurs ténors de la droite ont de quoi étonner.

Les souverainistes applaudissent

A l'extrême droite de l'échiquier politique, Marine Le Pen jubile. "Je me réjouis de la gifle démocratique monstrueuse que le peuple grec vient d'infliger à l'Union européenne, a-t-elle déclaré lundi matin sur RTL. Je crois que le débat des élections grecques, c'est d'être libre. Et ça, ce n'est ni de droite, ni de gauche. Cette victoire permet le débat sur l'euro. A chaque fois que les tabous se lèvent, moi, je m'en réjouis." Il y a quelques jours, la présidente du FN avait dit souhaiter la victoire de Syriza.

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, lui, ne cache pas sa joie. "Malgré les désaccords que nous pouvons avoir avec Syriza, nous nous réjouissons du sursaut national qui a amené le peuple grec à rejeter avec ses dirigeants incapables les directives du FMI, de la BCE, de la Commission et la soumission aux injonctions de Mme Merkel", affirme-t-il dans un communiqué. Et il continue dans une série de tweets.

L'UMP est restée plutôt discrète. Son président, Nicolas Sarkozy, n'a pas réagi publiquement à la victoire de la gauche radicale grecque. Dans le seul communiqué officiel du parti, Pierre Lellouche, délégué général aux relations internationales, "prend acte" du résultat et rappelle la Grèce à "ses engagements" et au respect des "règles communes" en Europe.

Estrosi accuse les socialistes de vouloir imposer l'austérité

Mais d'autres à l'UMP ne sont pas aussi prudents. "Si ça pouvait faire réfléchir l'Europe et la faire revenir sur ses dogmes, ce serait un mal pour un bien", affirmait Henri Guaino sur France 5 quelques heures avant l'annonce des résultats. Pour Xavier Bertrand, "si Syriza gagne, ce n'est pas une surprise : trop d'austérité en Grèce et faillite d'une classe politique. Il ne faut pas s'étonner que les électeurs fassent un autre choix. (...) Vous pouvez demander des réformes structurelles, mais vous ne pouvez pas demander trop et saigner un peuple."

Christian Estrosi, lui, va plus loin en saluant dans un tweet ce vote "contre l'austérité, la même que les socialistes français veulent nous imposer". Un comble alors que l'UMP accuse régulièrement le gouvernement de ne pas suffisamment couper dans les dépenses.