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Dans la manifestation pour le "oui" au référendum : "Nous voulons la Grèce en Europe, un point c'est tout"

Des milliers de Grecs ont manifesté mardi devant le Parlement pour dire "oui" à l'Union européenne.

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France Télévisions
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Des manifestants pour le "oui" au référendum, à Athènes (Grèce) le 30 juin 2015. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Il y avait bien une heure de rendez-vous : 19h30 place Syntagma, en plein cœur d'Athènes. Mais comme à chaque manifestation depuis une semaine, "ça se termine quand ça doit se terminer, c'est-à-dire qu'on ne sait jamais", explique en souriant une jeune manifestante.

Mardi 30 juin au soir, alors que le ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, avait annoncé dans l'après-midi l'impossibilité pour la Grèce de payer l'échéance de 1,5 milliard d'euros qu'elle doit au Fonds monétaire international (FMI) avant minuit, près de 20 000 manifestants se sont retrouvés face à la Vouli (le Parlement grec) pour demander la démission du gouvernement d'Alexis Tsipras, et leur soutien à l'Union Européenne. 

 Ella, 18 ans : "Pro-européenne depuis toujours"

Vêtue d'un tee-shirt blanc siglé d'autocollants "Nai" ("oui" en grecque), Ella a 18 ans, est lycéenne et affirme être pro-européenne depuis toujours. "Évidemment, notre peuple et notre pays souffrent en ce moment. On ne peut quasiment rien retirer aux guichets, les banques sont fermées, on doit compter nos économies", explique la jeune fille. "Mais je ne peux pas concevoir que la sortie de l'euro soit la solution, c'est un leurre de penser qu'avec le retour de la drachme, tous nos soucis disparaîtront. Le problème est plus politique qu'économique, c'est pour cela que nous demandons la démission d'Alexis Tsipras."

Daphnée, 35 ans, sans emploi: "Je suis cette Grèce qui souffre"

 

 Sous les bruits des sifflets et des slogans "Tsipras démission", "Démissionnez !", Daphnée, 35 ans, est venue dès 18 heures avec son drapeau européen pour apporter son soutien à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. "Tout ce qu'il fait, même si c'est très dur pour la Grèce, je sais qu'à long terme, ça permettra de redresser le pays", affirme la doctorante en chimie. "Je représente cette Grèce qui souffre, qui est surdiplômée mais qui ne s'en sort pas. Qui gagne quelques centaines d'euros par mois et qui en a marre des mensonges de nos dirigeants. Ça fait une trentaine d'années que ça dure, l'Europe est la solution."

Peu importe au fond si les propositions faites par les créanciers de la Grèce - BCE, UE et FMI - et sur lesquelles les Grecs devront se prononcer le 5 juillet, sont relativement méconnues des manifestants : "Il faut du changement, de l'unité et du soutien entre pays européens", résume Daphnée.

Effie et Yakis, 60 ans, à droite "coûte que coûte"

Membres du parti Nouvelle démocratie (droite conservatrice), Effie et Yakis font partie de cette génération de sexagénaires, encartés depuis des années pour défendre leurs "franches convictions à droite" dans l'un des principaux partis d'opposition au gouvernement d'Alexis Tsipras. "J'ai toujours voté à droite et je crois qu'un gouvernement socialiste est ce qui arrive de pire à la Grèce. Il faut libéraliser l'économie pour qu'il y ait de la croissance, Tsipras ne nous a raconté que des mensonges, il veut instaurer le communisme ! Dimanche, je voterai un énorme 'oui' pour l'Union européenne. Nous voulons la Grèce en Europe, un point c'est tout", lance Effie. 

Milos et Rais : pour un "renouveau politique"

Pour Milos et Rais, habitants d'Athènes non "politisés", mais "très concernés parce la situation de leur pays", la Grèce ne peut être sauvée que par l'Europe : "Le référendum de dimanche, on dira oui, car tout ce qui émane d'Alexis Tsipras, on s'y oppose", clame Milos. "Les Européens ont compris que Tsipras ne nous aiderait pas. Il nous a promis trop de choses durant les dernières législatives, et au final, la situation est pire qu'avant son élection", ajoute Rais. Appelant à un sauvetage européen d'urgence, les deux hommes avouent être un peu désabusés depuis ces derniers mois : "Il n'y a plus rien dans les caisses de l'Etat, on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve, alors autant rester en Europe. La Grèce, c'est l'Europe."

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