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Ferguson : Amnesty International pour la première fois sur le sol américain

Une équipe d’Amnesty International est envoyée depuis jeudi à Ferguson, dans le Missouri aux Etats-Unis pour "observer" la situation sur place. Depuis la mort de Michael Brown, un jeune adolescent abattu par un policier, les forces de l’ordre font l’objet de vives critiques.
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Radio France
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 (Des policiers visent les auteurs du pillage du magasin Dellwood Market, à Ferguson le 17 août.   © REUTERS / Lucas Jackson)

Jamais Amnesty International ne s’était rendue aux Etats-Unis en qualité d’"observateur". L’organisation qui lutte contre les violations des droits humains dans le monde a envoyé, depuis jeudi, une équipe de 13 personnes à Ferguson, dans le Missouri aux Etats-Unis, pour observer les méthodes de la police locale mais aussi les actions des manifestants. L’organisation devrait également rassembler des témoignages et entrainer les activistes locaux aux "formes de manifestations non-violentes" a indiqué le quotidien britannique The Independent .

Les méthodes de la police vivement critiquées par Amnesty International 

Depuis la mort de Michael Brown, un adolescent noir tué par un policer, la colère ne retombe pas dans les rues de la petite ville de Ferguson, dans la banlieue de Saint Louis. Les méthodes des forces de l’ordre et leur militarisation font débat. Des témoins affirment avoir vu des policiers sans badge visible lancer des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur les manifestants. La police a également été accusée de menacer les journalistes.

 

Si l’usage excessif de la force a été dénoncé par Barack Obama et a donné lieu à la relève de la police locale, sur place leurs méthodes font toujours polémique. Samedi, le directeur exécutif d’Amnesty International aux Etats-Unis, a critiqué dans un communiqué cinglant le couvre-feu mis en place par le gouverneur du Missouri Jay Nixon. "Nous critiquons les dictateurs lorsqu’ils répriment la dissidence et font taire les manifestants avec des méthodes telles que le couvre-feu, nous ne nous tairons pas lorsque cela se passe chez nous."

Manque de transparence autour de cette investigation 

Jasmine Heiss, l’une des 13 membres envoyés à Ferguson a également dénoncé le manque de transparence entourant cette investigation. Pour le moment deux versions continuent de s’opposer sur les causes de la mort de Michael Brown. Selon la police, l’adolescent aurait tenté "d’agresser physiquement l’officier dans l’habitacle de sa voiture", mais selon plusieurs témoins, le jeune homme se trouvait à une dizaine de mètres du véhicule et les mains en l’air lorsqu’il a été abattu.

Les premiers éléments de l’autopsie, révélés dimanche par le New York Times , ont indiqué que l’adolescent avait été touché par six balles, dont à la tête. 

Afin de ramener le calme dans les rues de Ferguson, le gouverneur du Missouri a annoncé ce lundi matin l'arrivée de la garde nationale. Une décision qui va permettre de supprimer le couvre-feu, vivement critiqué, mis en place samedi.

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