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Etats-Unis : gaz lacrymogène et arrestations de journalistes à Ferguson

Pour la quatrième nuit consécutive, la police a tenté de disperser des dizaines de personnes réunies dans les rues de Ferguson, dans le Missouri, pour réclamer justice après la mort d’un adolescent abattu par un policier samedi dernier. Une nouvelle nuit de tension marquée par l’arrestation de deux journalistes.
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Radio France
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  (Nouvelle nuit de tensions à Ferguson, dans le Missouri © Reuters - Mario Anzuoni)

Les mêmes images, les mêmes slogans et la même tension à Ferguson depuis dimanche et la mort de Michael Brown, un adolescent de 18 ans abattu par la police. "Et si c'était votre enfant ?", scande par exemple ce groupe de manifestants devant le commissariat de la ville.

 

Le face-à-face entre les habitants de cette ville de la banlieue de Saint-Louis et les dizaines de policiers déployés a donc une nouvelle fois dégénéré malgré les nombreux appels au calme ces dernières heures, notamment celui de Barack Obama.

 

Le maire de la ville James Knowles a demandé de son côté que les rassemblements se fassent en journée "de manière organisée et respectueuse " avant de dénoncer "ceux qui veulent s'emparer de ces protestations pacifiques ".

Une mise en garde suivie d'effets. Sur Twitter, David Carson, reporter au St. Louis Post-Dispatch, témoigne de l'usage de gaz lacrymogène pour tenter de disperser la foule... qui renvoit des cocktails molotov sur les forces de l'ordre. Le journaliste affirme également avoir vu une arme à feu dans la foule. D'autres images postées sur les réseaux sociaux montrent des manifestés marqués par des impacts de balles en caoutchouc.

 

Une quatrième nuit de tension marquée également par l'interpellation de deux journalistes. Wesley Lowery, reporter au service politique du Washington Post, et Ryan Reilly, du Huffington Post, ont été arrêtés alors qu'ils travaillaient dans un McDonalds de la ville. Ils ont finalement été rapidement relâchés dans la nuit. Welsley Lowery raconte son arrestation dans cet article (en anglais).

 

Au moins une dizaine d'autres personnes auraient été arrêtés dans la nuit de mercredi à jeudi, selon d'autres journalistes sur place. Et notamment,, conseiller municipal de Saint-Louis, au cœur du mouvement de protestation depuis la mort de Michael Brown. Il serait accusé d'avoir participé à "un rassemblement interdit".

Le gouverneur réclame "le calme et le respect du droit de manifester"

En fin de nuit, le gouverneur de l'Etat du Missouri a réagi pour la première fois depuis le début de ces tensions. "En tant que gouverneur, je dois m'assurer que la douleur de la tragédie de la semaine dernière ne soit pas aggravée par la crise en cours (…) J'appel au calme est demande aux forces de l'ordre de respecter les droits des résidents et de la presse ", déclare Jay Nixon, du Parti démocrate sur Twitter.

 

Le président américain Barack Obama a lancé le même appel au calme ce jeudi, demandant aux forces de l'ordre de faire preuve de retenue et de ne pas faire "un usage excessif de la force contre des manifestations pacifiques".

Sur l'enquête concernant la mort de Michael Brown samedi dernier, le chef de la police de la ville a annoncé mercredi que le policier à l'origine des coups de feu était blessé au visage mais n'avait pas été touché par balles. Le nom de cet officier, qui devait être rendu public, ne sera pas dévoilé "pour sa sécurité et celle de ses collègues".

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