Présidence française de l'UE : David Cormand dénonce "une forme de duplicité" du chef de l'Etat devant le Parlement européen

Le député européen écologiste dénonce "un problème de crédibilité politique" de la part d'Emmanuel Macron, après son discours devant les eurodéputés à Strasbourg, mercredi.

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David Cormand, le 21 août 2020 lors des journées d'été des écologistes à Pantin, près de Paris. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

"L'intervention d'Emmanuel Macron, c'était une forme de duplicité", a dénoncé mercredi sur franceinfo David Cormand, député européen écologiste, co-président de la délégation des écologistes au Parlement européen, alors que le chef de l'Etat a prononcé un discours devant le Parlement européen à l'occasion de la présidence française du Conseil de l'Union européenne.

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"C'est lui qui a souhaité faire de la présidence française de l'Union européenne quelque chose qui permettait de le mettre en valeur au moment de la campagne présidentielle", souligne David Cormand. Selon lui, Emmanuel Macron a choisi de "maintenir la présidence française de l'Union européenne pendant la campagne présidentielle française, alors que d'habitude, ceux qui sont confrontés à cette situation décalent de six mois la présidence de l'Union pour pouvoir découpler les deux choses."

L'eurodéputé rappelle que le président français défend les règlements de financement des énergies "en s'alliant avec les pays libéraux, genre Orban", le Premier ministre hongrois, alors que depuis des années, l'UE "essaye de se battre, et notamment les écologistes, pour faire gagner une alliance qui est la sobriété énergétique et des énergies renouvelables". Selon David Cormand, "du fait de du pacte faustien qu'a fait Emmanuel Macron – l'alliance liberticide avec notamment Viktor Orban – on va avoir une régression avec l'inscription du gaz et du nucléaire" dans l'aide financière de l'Europe. "C'est un problème."

Des propos contradictoires concernant l'IVG

Le co-président de la délégation des écologistes au Parlement européen pointe également la question de l'interruption volontaire de grossesse au sein de l'Union européenne. "Quand Emmanuel Macron dit, 'moi je vais défendre l'IVG', mais que hier, son parti Renew, au niveau du Parlement européen, a construit une alliance conservatrice pour mettre à la tête du Parlement une des quelques députées européennes qui est défavorable à l'IVG", la maltaise Roberta Metosla, "c'est un problème politique". David Cormand voit une contradiction dans les propos d'Emmanuel Macron. "Devant les caméras, il dit 'je serai le champion de l'autorisation de l'IVG dans la Charte des droits humains européens', alors que l'on sait que ses sous-fifres, dans le même temps, ont fait des accords pour permettre l'élection de madame Metsola à la tête du Parlement. Il y a un problème de crédibilité politique", ajoute l'eurodéputé écologiste.

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