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Une manifestation monstre contre le triplement des frais universitaires a dégénéré mercredi à Londres

Des jeunes manifestants ont brûlé des pancartes, affronté des policiers et fait voler en éclat les portes du siège du Parti conservateur au pouvoir assiégé durant 5 heures.Le face à face avec les forces de l'ordre s'est achevé vers 19h00. Selon Scotland Yard, 14 personnes ont été légèrement blessées, dont 7 policiers. 32 arrestations ont eu lieu.
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Manifestation d'étudiants à Londres contre la hausse des droits d'inscriptions (10 novembre 2010) (AFP/Carl Court)

Des jeunes manifestants ont brûlé des pancartes, affronté des policiers et fait voler en éclat les portes du siège du Parti conservateur au pouvoir assiégé durant 5 heures.

Le face à face avec les forces de l'ordre s'est achevé vers 19h00. Selon Scotland Yard, 14 personnes ont été légèrement blessées, dont 7 policiers. 32 arrestations ont eu lieu.

Ces incidents ont éclaté vers 13h au cours d'une manifestation pacifique contre la hausse des frais universitaires à laquelle participaient entre 20.000 et 50.000 étudiants et maîtres de conférence.

Les manifestants se sont ensuite systématiquement attaqués aux baies du hall d'entrée de l'immeuble du parti conservateur de David Cameron, ont défoncé des portes et attaqué le plafond en dépit des efforts des policiers sur place pour les déloger à coups de matraques. Une cinquantaine de manifestants a également réussi à gagner le toit de l'édifice pour y déployer une banderole.

"J'ai vu des images montrant des gens se livrant à la violence et à la destruction de biens, ce qui est complètement inacceptable", a déclaré le premier ministre à Séoul, où il doit participer au G20.

Pendant une partie de l'après-midi, plusieurs milliers de jeunes gens se sont réchauffés autour d'un feu allumé à l'aide de pancartes, bombardant régulièrement de projectiles les forces de l'ordre aux cris de "Tory racaille". Les occupants de la tour ont dû être évacués, y compris les employés du parti conservateur et de diverses sociétés.

Le chef de la police métropolitaine, Sir Paul Stephenson, a admis n'avoir pas anticipé les violences. "Ce n'est pas acceptable. c'est embarrassant pour Londres et pour nous", a-t-il reconnu.

Il s'agit de la plus importante manifestation organisée depuis l'entrée en fonction en mai dernier du gouvernement du conservateur David Cameron, qui se trouvait mercredi à Séoul pour assister au G20. Sur des pancartes, on pouvait lire "Arrêter les coupes dans l'éducation", "9.000 livres, ça va pas la tête ?", mais aussi, en français dans le texte "Grève Générale".

Aaron Porter, président du Syndicat national des étudiants (NUS), a déclaré "condamner totalement les violences" survenues à l'issue de "la manifestation pacifique".

Le maire conservateur de Londres Boris Johnston, a affirmé que serait traduite en justice "la petite minorité" qui a "envahi un bâtiment, terrifié des gens et mis en danger des vies".

Les raisons de la colère
Les manifestants protestaient contre un projet qui vise à tripler les frais d'inscription pouvant être pratiqués en Angleterre.

En cours de matinée, le vice-Premier ministre Nick Clegg, chef de file des libéraux-démocrates, avait dû faire face à une attaque en règle à la Chambre des Communes contre le projet d'augmentation des droits d'inscription à l'université.

Les députés se prononceront dans les prochaines semaines sur ce projet qui permettra de porter les frais universitaires à un maximum de 9.000 livres (10.500 euros) par an.

Le gouvernement de coalition formé par les conservateurs et les libéraux démocrates compte réduire de 2,9 milliards de livres l'aide financière publique aux universités, ceci pour contribuer à juguler un déficit budgétaire atteignant près de 11% du produit intérieur brut (PIB) du fait de la crise financière internationale.

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