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Une Européenne sur trois victime de violences physiques ou sexuelles

C'est le résultat de la plus vaste étude jamais réalisée par l'Agence européenne des droits fondamentaux. 

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France Télévisions
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Manifestation contre les violences faites aux femmes le 24 novembre 2012 à Marseille (Bouches-du-Rhône). (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP)

C'est l'étude la plus vaste jamais réalisée, avec 42 000 femmes interrogées dans 28 pays. Selon une enquête (lien PDF) publiée mercredi 5 mars par l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA), une femme sur trois vivant dans l'Union européenne a été victime de violences physiques ou sexuelles au moins une fois dans sa vie depuis l'âge de 15 ans, soit 62 millions de femmes. 

L'étude se fonde sur les témoignages dans les 28 pays de l'UE de 42 000 femmes, âgées de 18 à 74 ans, recueillis lors d'entretiens individuels réalisés en tête à tête entre mars et septembre 2012. Voici ce qu'il faut en retenir.

5% des Européennes ont été violées à l'âge adulte

La FRA estime qu'une femme sur 20 a été violée depuis l'âge de 15 ans. Plus d'une femme sur cinq (22%) déclare aussi avoir été victime de violences (physiques ou sexuelles) commises par un de ses partenaires. Par ailleurs, une femme sur trois déclare avoir subi des violences physiques ou sexuelles pendant l'enfance.

Les violences peuvent être psychologiques. Quelque 18% des femmes se disent victimes de traque furtive et 11% des femmes ont reçu des avances déplacées sur les réseaux sociaux, par mail ou SMS. Enfin, 55% des femmes se déclarent victimes d'une forme quelconque de harcèlement sexuel. 

Les femmes d'Europe du Nord se disent plus victimes

Les taux de déclaration les plus élevés ont été relevés dans les pays de l'Europe du Nord : au Danemark, plus d'une femme sur deux (52%) dit avoir été victime de violences. Suivent la Finlande (47%), la Suède (46%) et les Pays-Bas (45%). 

A l'inverse, les pays du sud de l'Europe affichent des taux plus bas : 22% des femmes en Espagne, à Chypre et à Malte ont déclaré avoir été victimes dans leur vie de violence sexuelle ou physique. Plusieurs facteurs peuvent expliquer les différences entre les pays, selon la FRA, notamment une égalité plus aboutie qui peut pousser les femmes à parler plus facilement des violences qu'elles subissent et à les juger moins tolérables.

Une Convention contre les violences encore peu ratifiée

La FRA ne dispose pas de données comparables pour noter une évolution des comportements, son étude étant la première de cette ampleur. Mais "les chiffres révélés par l'enquête ne peuvent et ne doivent tout simplement pas être ignorés, a martelé le directeur de la FRA, le Danois Morten KjaerumNous devons agir. Trop de femmes souffrent en Europe !" 

L'Agence appelle les Etats membres de l'UE à ratifier la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence sur les femmes et la violence domestique, dite Convention d'Istanbul. A ce jour, seuls l'Autriche, l'Italie et le Portugal ont ratifié cette convention.

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