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Un demandeur d'emploi a menacé de s'ouvrir les veines dans une agence de Tremblay-en-France ce lundi.

Il s'agit de la dernière illustration d'un malaise de plus en plus grand lié à un taux de chômage élevé. Il y a une semaine jour pour jour, un homme prenait en otage deux responsables d'une agence dans le XIème arrondissement de Paris. Les agressions ont augmenté de 20% au premier trimestre 2011, d'après la direction de Pôle Emploi.
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 (PATRICK HERTZOG / AFP)

Il s'agit de la dernière illustration d'un malaise de plus en plus grand lié à un taux de chômage élevé. Il y a une semaine jour pour jour, un homme prenait en otage deux responsables d'une agence dans le XIème arrondissement de Paris. Les agressions ont augmenté de 20% au premier trimestre 2011, d'après la direction de Pôle Emploi.

Pour les syndicats, ces tensions sociales témoignent d'une situation économique "inédite dans le pays", mais aussi des difficultés de ce service public à accompagner les chômeurs. "Aujourd'hui, étant donné la charge de travail qu'on a, les demandeurs d'emploi sont contraints de passer par les plateformes téléphoniques et le site internet", explique Jean-Charles Steyger, représentant national du SNU-Pôle Emploi, déplorant une "logique de mise à distance", qui, selon lui, ne peut "qu'attiser l'agressivité".

Christian Charpy, directeur général de Pôle Emploi, a annoncé dimanche le lancement d'une consultation interne sur la sécurité de ses agents pour examiner d'ici novembre les mesures préventives à mettre en oeuvre. Le 17 octobre, un informaticien au chômage de 45 ans avait sorti une arme factice lors d'un rendez-vous avec sa conseillère, exigé de voir la direction, et pris en otage la directrice de l'agence et son adjoint avant de se rendre.

Un geste motivé avant tout par un "ras-le-bol" du chômage, d'après la police. "Depuis le début des années 2000, comme pas mal de citoyens français, je galère; mais depuis quelques années, j'ai amorcé les étapes ultimes qui mènent à la précarité", avait écrit le preneur d'otage dans un mail adressé au site internet d'informations Rue89. Un cas isolé, mais qui illustre les difficultés croissantes rencontrées au quotidien par les agents, estiment les syndicats.

La crise n'est pas seule responsable du malaise, selon les syndicats. Ils déplorent le manque de suivi personnalisé des chômeurs, accentué selon eux depuis la fusion de l'ANPE et des Assedic en 2008.

"Si on compare nos effectifs avec nos voisins allemands ou britanniques, le taux de charge est beaucoup plus élevé chez nous," dit Jean Montéro. Le 7 juin, la Commission européenne avait jugé que les ressources consacrées à l'accompagnement des demandeurs d'emploi étaient "insuffisantes" en France, d'après un récent rapport du Sénat qui souligne que les résultats de Pôle emploi en matière de retour à l'emploi étaient décevants par rapport à ceux d'autres pays. Elle recommandait ainsi un renforcement des moyens humains et de l'accompagnement des chômeurs.

Alors que le nombre moyen de demandeurs d'emploi suivis par conseiller était de 85 fin 2008, ce rapport le chiffrait à 95 en 2009, puis 105,8 fin décembre 2010. Selon le SNU-Pôle Emploi, un agent suivrait aujourd'hui 160 chômeurs en moyenne, un chiffre pouvant aller jusqu'à 300 dans certaines agences d'Ile-de-France ou de Bretagne.

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