Un complot contre Benoît XVI ? "Délirant" dit le Vatican

Un quotidien italien révèle aujourd'hui un document secret en allemand selon lequel le pape Benoît XVI serait assassiné dans les prochains mois. Le Saint-Siège ne le prend "pas au sérieux".

Le pape Benoît XVI reçoit des pèlerins dans sa résidence d\'été du Castel Gandolfo, à 40 km de Rome (Italie), le 10 août 2011.
Le pape Benoît XVI reçoit des pèlerins dans sa résidence d'été du Castel Gandolfo, à 40 km de Rome (Italie), le 10 août 2011. (VINCENZO PINTO / AFP)

Malaise au Vatican. Le Saint-Siège qualifie vendredi 10 février de "délirant et ne correspondant à aucune réalité" un document secret en allemand, selon lequel le pape Benoît XVI serait assassiné dans les prochains mois, révélé le même jour par le quotidien italien Il Fatto Quotidiano.

Le journal de gauche publie ce document "très confidentiel", daté du 30 décembre 2011 et qui aurait été remis par le cardinal colombien à la retraite Darío Castrillón Hoyos à la secrétairerie d'Etat et au secrétaire particulier de Benoît XVI en janvier. Mgr Castrillón Hoyos aurait ensuite directement rencontré le pape mi-janvier pour évoquer l'affaire avec lui.

D'après le journal, ce document (rédigé en allemand semble-t-il pour n'être accessible qu'au pape et à quelques proches collaborateurs) reprend une déclaration alarmante qu'aurait faite l'archevêque de Palerme, Paolo Romeo, lors d'un déplacement en Chine, en novembre dernier. Mgr Romeo aurait dit à des interlocuteurs avoir eu vent d'un complot, et que le pape devrait mourir dans les "douze mois à venir". Le document ne donne aucun élément sur les participants à un éventuel complot ni sur l'endroit ou le moment où le pape pourrait être assassiné.

Lutte de pouvoir au sommet du Saint-Siège

"Il est évident que ce document contient des considérations folles qui sont dénuées de toute réalité, commente le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, à l'AFP. Je ne nie pas l'existence de ce document en allemand, j'affirme seulement qu'il ne faut absolument pas prendre au sérieux ce qui [y] est écrit et croire qu'il contient quelque chose de vrai."

Mgr Romeo a qualifié lui aussi de "privées de tout fondement" les affirmations qui lui sont attribuées. "Elles ne doivent pas être prises en considération", précise-t-il, reconnaissant seulement avoir effectué un voyage "à titre privé" à la date indiquée à Pékin, dont le Saint-Siège avait été averti.

Selon d'autres propos prêtés par le document à Mgr Romeo, Benoît XVI aurait désormais un rapport très conflictuel avec le cardinal secrétaire d'Etat (le numéro deux du Vatican), Tarcisio Bertone, et chercherait à le remplacer. Son candidat favori serait le cardinal de Milan, Angelo Scola. Selon les experts, la diffusion du document pourrait s'inscrire dans une sourde lutte de pouvoir, des membres de l'administration vaticane cherchant à provoquer le départ du cardinal Bertone.