Turquie : le parti islamiste AKP menacé de dissolution

La Cour constitutionnelle est actuellement réunie, pour décider d'une éventuelle dissolution du parti au pouvoir, soupçonné "d'islamiser" la Turquie. Une réunion qui intervient juste après un double attentat meurtrier, à Istanbul. La Cour européenne des droits de l'Homme refuse d'empêcher cette dissolution.

(Radio France © France Info)

La Turquie ne rigole pas avec la laïcité... Et vient de fournir une nouvelle preuve, avec cette audience plutôt surprenante, devant la Cour constitutionnelle : le parti au pouvoir - dont est issu l'actuel président et son Premier ministre - est menacé de dissolution, purement et simplement.
_ Les 11 juges sont réunis depuis ce matin. Ils doivent parvenir à une décision à la majorité de sept voix.

Le Parti de la justice et du développement (AKP) est accusé d'activités allant à l'encontre de la laïcité ; il doit être interdit, selon le procureur de la Cour de cassation, qui est à l'origine de la procédure, déposée en mars dernier.
_ L'AKP s'est effectivement attiré les foudres des milieux laïcs, en voulant légaliser le voile islamique dans les universités...

La justice demande donc la dissolution du parti, ainsi que 71 de ses dirigeants - dont le président Abdullah Gül et le Premier ministre Tayyip Erdogan - soient interdits d'appartenance à un parti politique pendant cinq ans.

L'AKP a déjà pris les devants : s'il est interdit, une nouvelle formation devrait rapidement voir le jour...

Par ailleurs, selon une décision plutôt complexe, la Cour européenne des droits de l'Homme, saisie d'une requête, a estimé qu'il n'y avait pas lieu de prendre une mesure d'urgence pour empêcher la dissolution du Parti de la justice et du développement (AKP) par la Cour constitutionnelle turque.
_ C'est un citoyen turc d'Izmir qui avait réclamé une mesure provisoire empêchant la Cour constitutionnelle de prononcer la dissolution du parti au pouvoir.

Guillaume Gaven, avec agences