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Terrorisme : "La Belgique est consciente qu'elle court un risque"

L’opération antiterroriste menée en Belgique s'est terminée jeudi par la mort de deux djihadistes présumés à Verviers. Ce pays est considéré comme "une base de repli, qui permet de venir en transit, de s’échanger des documents, des armes" selon Anne Giudicelli, spécialiste du terrorisme. "La Belgique est consciente qu'elle court un risque", juge le bourgmestre de Verviers.
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Radio France
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 (Trois personnes tuées et treize interpellations après les attentats de Verviers en Belgique © MaxPPP)

L’opération antiterroriste, menée dans plusieurs villes de Belgique, s'est terminée par la mort de deux djihadistes présumés à Verviers, dans l'est de la Belgique. Des unités des forces spéciales de la police fédérale ont réalisé une dizaine de perquisitions dans les arrondissements judiciaires de Verviers, Bruxelles et Vilvorde. Selon le parquet fédéral belge, ils planifiaient des attentats "imminents et d'envergure", une semaine après les attentats de Paris. "C’est ce qui ressort de l’enquête. C’est l’occasion de dire que nous avons frôlé un accident majeur, " a expliqué sur France Info Marc Elsen, bourgmestre de Verviers.

 

Il n'y a pas de lien entre les attentats à Paris et ceux programmés en Belgique, pas entre les filières, mais il y a toujours une accélération des initiatives en fonction de la situation sur le terrain. "Après la réussite des attentats de Paris, il y a un effet galvanisateur et l’idée est de mettre une pression forte. Il y a un effet d’émulation qui peut concerner d’autres pays européens, " explique pour sa part Anne Giudicelli, fondatrice de Terr(o)risc, spécialiste du terrorisme.

 

La Belgique est une base logistique. C’est-à-dire "une base de repli, qui permet de venir en transit, de s’échanger des documents, des armes. Normalement, on n’attaque pas les bases logistiques, donc si on l’a fait c’est que l’on a estimé que c’était plus intéressant par rapport aux objectifs globaux de cette nébuleuse. "

La Belgique est une base logistique, explique Anne Giudicelli, fondatrice de Terr(o)risc, spécialiste du terrorisme
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Un risque d'attentats connu

Marc Elsen, le bourgmestre de Verviers, explique que la Belgique est bien consciente qu’elle court un risque. C’est pourquoi à Verviers, comme ailleurs "le radicalisme est une des priorités de notre plan zonale de sécurité. La lutte contre l’extrémisme est aussi une priorité pour notre service de prévention de la ville. " Avec 20% de chômage, Verviers a un seuil de pauvreté relativement élevé. La ville se compose d’une partie multiculturelle et paupérisée et d’une partie plus aisée. "C’est parfois le choc entre ces deux parties de la population, en raison des inquiétudes des uns comme des autres font grandir des sentiments d’inquiétude. "

 

La municipalité de Verviers a identifié les endroits où il pourrait y avoir propagation de propos extrêmes. "C’est avec une présence sur place, et avec la communauté musulmane que nous diffusons des messages qui condamnent les extrémistes, qui en identifient les risques et empêchent les jeunes de sombrer trop vite dans ces attitudes de repli ou de révolte excessive. "

Une lutte constante

D’après les derniers chiffres, plus de 300 Belges sont parties combattre dans les zones du djihad, et une centaine est revenue. "Toute personne ayant participé à des actes terroristes est hors la loi, et donc il faut appréhender ceux qui sont identifiés, les mettre en prison… Mais cela ne résout pas tout. L’influence des réseaux sociaux est importante et il faut pouvoir travailler à ce niveau-là nationalement. Le travail n’est jamais terminé. "

La Belgique est consciente qu'elle court un risque, déclare Marc Elsen, le bourgmestre de Verviers
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