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Royaume-Uni : vers un blocage par défaut des sites pornos ?

Au nom de la protection des mineurs, le gouvernement va se pencher sur un système de filtrage par défaut des contenus pornographiques.

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France Télévisions
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Plusieurs députés britanniques militent pour un filtrage des contenus pornographiques, au nom de la protection des mineurs. (BLUE JEAN IMAGES / GETTY IMAGES)

David Cameron devra trancher. Le Premier ministre britannique devrait lancer une grande consultation sur la politique à adopter en matière de protection des mineurs sur le web, rapporte The Sun vendredi 4 mai.

Une source proche de Cameron indique même que le gouvernement songerait à mettre en place un filtrage par défaut de certains sites internet. Seraient surtout concernés les sites pornographiques, mais également ceux faisant la promotion de l'anorexie et de l'automutilation.

Le gouvernement s'est saisi de cette question après une fronde menée depuis plusieurs semaines par une députée conservatrice, Claire Perry, et largement relayée par le Daily Mail. Comme la parlementaire, qui a rendu le 17 avril un rapport (PDF) sur le sujet, le deuxième quotidien du pays milite pour que les fournisseurs d'accès à internet bloquent par défaut ces contenus sulfureux. Les internautes désireux d'accéder à un web non-censuré devraient alors en faire spécifiquement la demande auprès de leur opérateur. Un peu gênant.

Censure pour les uns, lutte contre l'addiction au porno pour les autres

Forcément, l'initiative divise. Pour le groupe de pression Big Brother Watch, la mise en place d'un tel filtre entraînerait le risque d'une surveillance des internautes par le gouvernement. L'association pointe également du doigt la facilité avec laquelle ces interdictions seraient contournées, et cite l'exemple des Pays-Bas, où un projet similaire a été abandonné en mars 2011.

Google non plus ne voit pas cette mesure d'un bon œil. Naomi Gummer, analyste des politiques publiques pour le géant américain, a jugé le 23 avril dernier qu'il était d'abord de la responsabilité des parents de surveiller l'usage du web par leurs enfants. "L'idée qui voudrait que les lois soient adaptées à la protection des jeunes sur internet est un mythe, a-t-elle lancé lors d'une conférence. La technologie évolue si rapidement que l'arsenal législatif ne pourra jamais être adapté à ce genre de défis."

Le Daily Mail, en tout cas, s'est lancé dans une vaste campagne en faveur du blocage. Le quotidien appelle le gouvernement Cameron à la "décence" dans des éditoriaux, publie un témoignage de mère dont le "beau petit garçon" de 11 ans est devenu l'ombre de lui-même après être devenu "accro au porno", et appelle la gauche britannique à rejoindre cette cause. Avec succès : le 26 avril, plusieurs députés travaillistes ont appelé David Cameron à mettre en place le blocage par défaut des sites concernés.

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