Royaume-Uni : le débat sur l'indépendance de l'Écosse relancé par la mort d'Elizabeth II... mais après la période de deuil

Le cercueil de la reine d'Angleterre fait une première escale dans la capitale écossaise, dimanche 11 septembre. Il est attendu par une foule d'Écossais.

Article rédigé par
Louise Bodet - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Avant l'arrivée du cercueil d'Elizabeth II, dimanche 11 septembre, des centaines de bouquets de fleurs et de cartes ont été déposés devant le palais de Holyrood, à Edimbourg. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

Alors que la ville d’Edimbourg s’apprête à accueillir la dépouille de la reine Elisabeth II, dimanche 11 septembre, la question de l'indépendance de l'Écosse refait surface. "Je pense que certains vont utiliser la situation pour pousser la cause indépendantiste", explique Cristina devant les grilles du palais d'Holyrood où doit être entreposé le cercueil de la souveraine. Il doit quitter la résidence royale de Balmoral, où la reine s’est éteinte jeudi 8 septembre, pour atteindre en fin de journée la capitale écossaise, au terme d’un trajet prévu pour durer six heures.

>> Suivez en direct l'arrivée du cercueil de la reine Elizabeth II à Edimbourg

En Écosse, l’attachement à la monarchie reste majoritaire, mais une partie de la population aspire toujours à l’indépendance. Après l’échec d’un premier referendum en 2014, les indépendantistes du Scottish National Party (SNP) sont bien décidés à en organiser un second en 2023. Et dans un contexte de très fortes tensions sociales et politiques avec Londres, la mort d’Elizabeth II pourrait rebattre les cartes.

Un sujet à éviter juste après la mort de la reine ?

La Couronne peut-elle s’affaiblir ? Le royaume se désunir ? Devant les grilles de Holyroodhouse, ces questions sont jugées déplacées. Seules les fleurs et le recueillement sont ici de mise. "J'espère que la politique va rester en dehors de cela, et que nous allons rester unis dans notre douleur et dans l’espoir levé par ce nouveau règne", souligne Cristina qui fait tout de même part de ses craintes. Des angoisses qui ne sont pas nécessairement fondées, car en Écosse, on peut être indépendantiste tout en étant monarchiste. L’ennemi n’est pas Buckingham Palace, mais Westminster et la politique conservatrice et anti-européenne du gouvernement britannique.

>> Royaume-Uni : les indépendantistes écossais outrés par des propos de Liz Truss

Barry, lui, est pour l’indépendance. Il se sent certes de plus en plus républicain, mais, pour lui, la monarchie n’est pas le problème et la mort d’Elisabeth II n’aura pas d’incidence politique, car "cela fait longtemps que le Royaume-Uni se désunit". "Il n’y a toujours pas de gouvernement en Irlande du Nord. Ici en Écosse, on veut s’en aller. Seul le Pays de Galles veut rester", énumère l'Écossais.

"Oui, l'Écosse sera un jour indépendante, mais je ne pense pas que la monarchie y soit pour quoi que ce soit."

Barry, un Écossais indépendantiste

à franceinfo

Selon une récente enquête, près de deux Ecossais sur trois restent attachés à la Couronne. Les indépendantistes du SNP, qui ont gagné les dernières élections, se gardent bien de remettre en cause la monarchie, explique la politologue Kirsty Hugues. "Je pense que les leaders du SNP veulent s’assurer que ça ne deviendra pas un facteur de division, explique la chercheuse. Ils veulent surtout que l’indépendance soit majoritaire et ils vont vouloir conserver un monarque, même si ce n’est plus la reine Elizabeth." 

Preuve de la grande prudence du parti indépendantiste : ses élus se gardent bien de répondre aux questions trop politiques en cette période de deuil, où seul l’hommage à la reine défunte est de mise.

Royaume-Uni : en Ecosse, le deuil et des questions sur l'avenir - Reportage de Louise Bodet
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