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Près de 300 femmes et enfants roms ont fui vendredi le village de Gyöngyöspata (90 km à l'est de Budapest)

La communauté rom de cette localité de 2800 habitants (dont 450 roms) redoutait depossibles agressions de la part d'une milice d'extrême droite, Vedero ("Force de défense"), qui y tient "un camp d'entraînement" pendant les trois jours du week-end de Pâques.Les hommes de la communauté ont décidé de rester sur place.
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Un homme rom regarde les femmes et les enfants de sa communauté quitter le village de Gyöngyöspata (AFP - ATTILA KISBENEDEK)

La communauté rom de cette localité de 2800 habitants (dont 450 roms) redoutait de
possibles agressions de la part d'une milice d'extrême droite, Vedero ("Force de défense"), qui y tient "un camp d'entraînement" pendant les trois jours du week-end de Pâques.

Les hommes de la communauté ont décidé de rester sur place.

De leur côté, les femmes et les enfants se sont réfugiés dans une colonie de vacances à Budapest. "Ils ont peur. Nous pensons qu'ils seront plus en sécurité s'ils partent", a déclaré le responsable de la communauté rom de Gyöngyöspata.

La tension est forte dans la localité depuis que la milice d'extrême droite y a organisé en mars une parade de 2000 hommes en uniformes paramilitaires. Elle a aussi monté des patrouilles chargées de "rétablir l'ordre", perturbé, selon elle, par les roms.

La police locale avait refusé d'intervenir, malgré les protestations de ces derniers qui dénonçaient une atmosphère d'intimidation. Le Mouvement pour les droits civils des roms a accusé le gouvernement hongrois de ne pas se mobiliser suffisamment pour protéger les familles visées.

"Le maintien de l'ordre est le monopole exclusif de l'Etat. L'Etat ne partagera nullement ce droit", a averti vendredi le ministre de l'Intérieur visant les patrouilles de Vedero. Les contrevenants devront payer une amende de 100.000 forints (400 euros). Le ministère a jugé que la milice n'agissait que pour des raisons "politiques" et qu'elle ne faisait que mener des opérations d'intimidation "sous une fausse justification de maintien de l'ordre".

Selon le responsable de la Croix-Rouge, 400 policiers étaient présents dans le village vendredi pour s'assurer que les membres de la milice ne pénètrent pas dans le quartier rom. Une contre-manifestation est prévue pour soutenir ses habitants.

Pour cette nouvelle opération de provocation, Vedero a décidé d'installer son "camp d'entraînement" à une centaine de mètres du quartier rom. La milice affirme que les trois jours d'entraînement du week-end pascal avaient pour but de préparer la jeunesse à se défendre. "Unis, nous serons plus forts et nous pourrons protéger la nation à la fois contre les ennemis de l'intérieur et ceux de l'extérieur", affirme-t-elle sur son site internet.

Cette organisation extrémiste peut compter sur le soutien du parti nationaliste radical Jobbik, connu pour ses diatribes anti-roms. Celui-ci avait fait une percée aux législatives de 2010 en obtenant près de 17 % des voix après une campagne menée sur le thème de la dénonciation des "crimes tziganes".

La communauté rom est la minorité la plus pauvre d'Europe. Elle compte environ 12 millions de personnes, essentiellement à l'est du Vieux continent. En Hongrie, en 2008 et en 2009, elle "a été victime d'une série d'attaques racistes, qui ont fait six morts - dont un petit garçon de cinq ans et son père abattus presque à bout portant alors qu'ils se précipitaient hors de leur maison incendiée - et qui ont semé la terreur parmi ses membres", rapporte Le Figaro.

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