Portugal : la droite réélue, malgré quatre années d'austérité

La coalition du Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, a remporté les élections législatives, dimanche.

Le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, après sa victoire aux élections législatives, le 4 otobre 2015 à Lisbonne (Portugal).
Le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, après sa victoire aux élections législatives, le 4 otobre 2015 à Lisbonne (Portugal). (JOAO HENRIQUES / ANADOLU AGENCY / AFP)

Un tour de force. Après quatre ans d'austérité, le Premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, a réussi à remporter les élections législatives, dimanche 4 octobre. Mais il est tout de même privé d'une majorité absolue, nécessaire à la stabilité gouvernementale.

Sans illusion, les électeurs se sont ainsi résignés à reconduire l'alliance gouvernementale, qui a stabilisé la situation financière au Portugal au prix d'une sévère cure d'austérité, comme le rappelle Geopolis. Mais ils ont refusé de lui donner un chèque en blanc. Le manque d'enthousiasme s'est d'ailleurs traduit par un taux d'abstention record de 43,1%, contre 41,9% en 2011.

La gauche radicale fait une percée

Longtemps donnée perdante, sa coalition sortante de centre droit a inversé la tendance dans les sondages au cours des dernières semaines et a finalement échappé au vote-sanction. Elle a recueilli 38,6% des suffrages, contre 32,4% au Parti socialiste de l'ancien maire de Lisbonne, Antonio Costa, selon des résultats quasi-complets. Le Bloc de gauche, formation apparentée au parti Syriza au pouvoir en Grèce, a créé la surprise avec un score historique de 10,2%, dépassant pour la première fois le Parti communiste, allié aux Verts, qui glane 8,3% des voix.

Quant à l'alliance gouvernementale, elle reste loin des 50,4% obtenus en 2011, quand elle avait chassé du pouvoir le socialiste José Socrates. Surtout, Pedro Passos Coelho n'a pas obtenu de mandat clair lui permettant de gouverner dans un contexte stable. Il devra donc désormais composer avec un Parlement majoritairement à gauche, faute d'alliés potentiels à droite. Du coup, si elle dépassait ses divisions historiques, la gauche pourrait bien menacer la survie d'un gouvernement dirigé par la droite.