Italie : la capitaine du "Sea-Watch" arrêtée après avoir accosté de force à Lampedusa

Cette Allemande de 31 ans, aux commandes de ce navire qui vient en aide aux migrants en Méditerranée, avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Une image d\'archives non datée de la capitaine du \"Sea-Watch\", Carola Rackete.
Une image d'archives non datée de la capitaine du "Sea-Watch", Carola Rackete. (SEA WATCH)

Le Sea-Watch a accosté de force dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 juin, dans le port de Lampedusa (Italie) afin de faire débarquer 40 migrants bloqués à bord depuis 17 jours. Sa jeune capitaine, Carola Rackete, a été arrêtée. Le parquet d'Agrigente (Sicile) avait ouvert une enquête jeudi contre elle pour aide à l'immigration clandestine et non-respect de l'ordre d'un navire militaire italien de ne pas pénétrer dans les eaux territoriales italiennes. Elle risque jusqu'à 10 ans de prison, selon les médias italiens.

"Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C'est pourquoi j'ai maintenant moi-même décidé d'accoster dans le port", a-t-elle déclaré dans une vidéo relayée par l'ONG Sea-Watch sur les réseaux sociaux.

Mercredi, cette Allemande de 31 ans, aux commandes du navire battant pavillon néerlandais, avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes imposé par le ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini. Mais le navire avait dû s'arrêter à un mille en face du petit port de Lampedusa et y était bloqué depuis.

"Nous sommes fiers de notre capitaine"

Carola Rackete a finalement choisi de forcer le passage au beau milieu de la nuit, malgré la vedette de police chargée de l'en empêcher. "Nous nous sommes mis devant pour l'empêcher d'entrer dans le port, mais rien (...). Si on était restés sur le chemin, [le Sea-Watch] aurait détruit la vedette", a commenté devant des caméras un policier qui se trouvait à bord.

Un peu avant 3 heures, la police est montée à bord pour arrêter la jeune femme. La capitaine est descendue du navire encadrée par des agents, sans menottes, avant d'être emmenée en voiture. Sur le quai, des habitants et militants sont venus acclamer l'arrivée du navire, tandis que d'autres ont applaudi l'arrestation aux cris de "Les menottes !", "Honte !", "Va-t'en !"

"Nous sommes fiers de notre capitaine", a écrit sur les réseaux sociaux le président de l'ONG allemande, Johannes Bayer. "Elle a fait exactement ce qu'il fallait, elle a insisté sur le droit de la mer et a mis les gens en sécurité."