Ce que l'on sait du probable naufrage de 500 migrants en mer Méditerranée

Des rescapés affirment avoir assisté au naufrage d'un bateau, dimanche. Si les autorités n'ont pas encore confirmé cette information, le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés craint le pire.

Des migrants sont secourus par les garde-côtes italiens au large de la Sicile, le 11 avril 2016.
Des migrants sont secourus par les garde-côtes italiens au large de la Sicile, le 11 avril 2016. (REUTERS)

Il s'agirait d'un nouveau drame en Méditerranée. Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) redoute, mercredi 20 avril, la mort de 500 personnes dans un récent naufrage au large de la Libye. Des migrants arrivés dimanche à Kalamata (Grèce) ont raconté avoir vu le bateau chavirer. Francetv info revient sur ce que l'on sait de ce drame, qui n'a pas encore été confirmé par les autorités européennes.

Des migrants ont assisté au naufrage

Un groupe de 41 migrants a été secouru par les gardes-côtes, samedi 16 avril. Ils seraient partis à une date indéterminée de Libye ou d'Egypte, à bord d'un bateau de 30 m de long transportant entre 100 et 200 personnes. Après plusieurs heures en mer, les passeurs ont essayé de les transférer sur un bateau plus grand qui transportait déjà "des centaines de personnes dans des conditions terribles de surcharge, rapporte le HCR dans un communiqué (en anglais). A un moment pendant le transfert, le plus grand bateau a chaviré et coulé."

Les migrants qui n'étaient pas encore montés à bord de ce second bateau et quelques autres, qui ont réussi à nager jusqu'à la première embarcation, ont échappé au naufrage. Selon le HCR, ils ont dérivé en mer "pendant peut-être trois jours" avant d'être secourus samedi par un cargo battant pavillon philippin. Les rescapés – venus de Somalie, d'Ethiopie, d'Egypte et du Soudan – ont été hébergés plusieurs jours dans le stade municipal de Kalamata. Ils étaient attendus mercredi soir à Athènes (Grèce), où ils devaient être pris en charge dans deux hôtels par des psychologues et des travailleurs sociaux.

Le naufrage n'a pas encore été confirmé

Seules les autorités somaliennes avaient confirmé le drame, jeudi 21 avril. Elles se fondent sur les témoignages de proches des victimes, qui ont affirmé à des médias avoir perdu des membres de leur famille, précise Le Monde. Les gardes-côtes grecs et italiens n'ont en revanche pas confirmé la nouvelle.

L'agence européenne Frontex et la mission de surveillance en mer Sophia, interrogées par le quotidien, indiquent ne disposer d'"aucun élément". Selon Le Monde"l'absence de traces du naufrage pourrait s’expliquer par le fait qu'il est intervenu dans une zone moins fréquentée par les passeurs, et donc moins surveillée".

"On n’a pas de témoignages précis, mais l’ensemble des personnes que nous avons interrogées ont la même histoire, souligne pour sa part le représentant du HCR en Grèce, Philippe Leclerc. On demande que les autorités maritimes effectuent des enquêtes, car il est pour l’instant difficile d’en dire plus."

Le drame le plus meurtrier depuis Lampedusa

Ce nouveau naufrage porterait à 1 250 le nombre de morts ou de disparus en mer Méditerranée en 2016, selon le Haut commissariat aux réfugiés. Il s'agirait en outre du drame le plus meurtrier dans cette zone depuis celui de Lampedusa, qui avait fait 800 morts le 18 avril 2015. Depuis cette date, de nombreux navires patrouillent au large des côtes libyennes, dans le cadre l'opération Triton menée par Frontex et de l'opération anti-passeurs Sophia. La marine italienne ainsi que des bateaux privés, affrétés par des ONG, croisent aussi dans cette zone.

Ces missions ont constaté une augmentation du nombre de traversées depuis la Libye ces dernières semaines, comme chaque année à cette saison. L'Italie craint que l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, qui coupe la route des Balkans, pousse les migrants à emprunter davantage cette voie. Le HCR réclame donc une "augmentation des voies régulières pour admettre les réfugiés et les demandeurs d'asile en Europe", afin d'éviter les traversées clandestines de la Méditerranée.