Vidéo Paris : un camp de migrants violemment évacué par les forces de l'ordre, le ministre de l'Intérieur dénonce des images "choquantes"

Gérald Darmanin a demandé un "rapport circonstancié" au préfet de police alors que plusieurs centaines de migrants ont été évacués par les forces de l'ordre, lundi soir, place de la République.

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Des gendarmes tentent d'évacuer des tentes de migrants place de la République, à Paris, 23 novembre 2020. (MARTIN BUREAU / AFP)

Un nouveau campement de plusieurs centaines de migrants, installé place de la République, à Paris, lundi 23 novembre, a été rapidement démantelé dans la soirée par les forces de l'ordre. Les migrants étaient en errance depuis l'évacuation d'un important camp d'exilés la semaine dernière à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Une partie des quelque 500 tentes bleues a commencé à être enlevée, parfois avec des exilés encore à l'intérieur, sous les cris et huées de militants et de migrants, à peine une heure après leur installation. 

Vers 21h30, le campement était démonté, tandis que les exilés, des militants associatifs, des élus et des avocats restaient sur place pour réclamer un hébergement d'urgence. "La constitution de tels campements, organisée par certaines associations, n'est pas acceptable. La préfecture de police a donc procédé immédiatement à la dispersion de cette occupation illicite de l'espace public", ont indiqué dans un communiqué conjoint la préfecture de police et celle de la région Ile-de-France (Prif), qui gère les opérations de mise à l'abri.

Le ministre de l'Intérieur évoque des images "choquantes"

"Toutes les personnes en besoin d'hébergement sont invitées à se présenter dans les accueils de jour où des orientations vers des solutions d'hébergement adaptées à leur situation sont proposées très régulièrement aux migrants", a ajouté la Prif. "On ne répond pas à la misère par la matraque. La mise à l'abri des migrants du campement de Saint-Denis restés à la rue est urgente, indispensable, indiscutable", a réagi Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d'asile, association et opérateur de l'Etat sur la gestion des campements. 

"L'Etat donne de lui-même un spectacle lamentable" en apportant "une réponse policière à une situation sociale", a commenté auprès de l'AFP Ian Brossat, adjoint de la mairie de Paris en charge notamment de l'accueil des réfugiés."La seule réponse des autorités, c'est la force. Et la force, en période de crise sanitaire, ce n'est pas acceptable", ajoute Corinne Torre, responsable de Médecins sans frontières en France. Cette dernière réclame elle aussi un hébergement pour ces migrants.

Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a assuré que certaines images de la dispersion du campement étaient "choquantes". Il a demandé "un rapport circonstancié" au préfet de police.

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