VIDEO. Faut-il employer le mot "migrant" ou "réfugié" ?

Avec la crise des migrants aux frontières de l'Europe, une polémique sémantique est apparue ces derniers mois.

Selon le haut commissariat aux réfugiés de l'ONU, le nombre de migrants au niveau mondial a explosé ces dernières années. De deux millions dans les années 50, on est passé à 20 millions dans les années 70 et 53 millions en 2015. Rien qu'en Europe, ce sont 1 000 000 personnes qui ont traversé la mer Méditerranée et la mer Egée en 2015.

Derrière les chiffres, une polémique sémantique a émergé dans le débat public autour de la crise des migrants. Faut-il employer le mot "migrant" ou "réfugié" pour parler de ces personnes massées sur des embarcations de fortune au péril de leur vie dans l'espoir de rejoindre une Europe perçue comme un eldorado ? La différence est notable. Si tous les réfugiés sont des migrants, l'inverse n'est pas vrai.

"Une personne qui craint, avec raison, d'être persécutée"

Le mot "migrant" désigne toute personne qui quitte son foyer et qui se déplace d'un lieu à un autre, volontairement ou non. C'est le cas des migrants économiques qui partent de leur pays d'origine dans l'espoir d'une vie meilleure. Mais cela peut également désigner des personnes qui fuient un pays en guerre ou un territoire menacé par des catastrophes naturelles.

La notion de réfugié est au contraire beaucoup plus restrictive. La convention de Genève de 1951 précise qu'un réfugié est "une personne qui craint avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques en cas de retour dans son pays".

En France, c'est l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui accorde le statut de réfugié. L'opération peut prendre du temps, mais une fois obtenue le statut permet d'obtenir un titre de séjour pour résider sur le territoire au moins dix ans. Les notions de "migrant" ou de "réfugié" renvoient donc à des réalités bien différentes, même si parfois la frontière semble complexe à déterminer en fonction des situations.

Des migrants tentent de traverser la mer méditerranée entre la Turquie et l\'île grecque de Lesbos, le 30 septembre 2015.
Des migrants tentent de traverser la mer méditerranée entre la Turquie et l'île grecque de Lesbos, le 30 septembre 2015. (ARIS MESSINIS / AFP)