VIDEO. En Papouasie, la police évacue sans ménagement un camp de réfugiés

Le camp de réfugiés de Manus, ouvert par l'Australie en Papouasie-Nouvelle Guinée, a été vidé vendredi par la police locale, armée de barres métalliques.

REUTERS, APTN et AFPTV

La police n'y est pas allée de main morte. En Papouasie-Nouvelle Guinée, les autorités ont totalement évacué le camp de réfugiés de Manus, ouvert par l'Australie. Après des semaines de bras de fer avec les quelque 700 demandeurs d'asile qui y étaient retranchés, le camp a été complètement vidé, vendredi 24 novembre.

L'intervention de la police papouasienne a débuté jeudi et s'est poursuivie d'une manière plus musclée vendredi. Des policiers armés de barres métalliques ont forcé les migrants à sortir du camp pour embarquer dans des bus et se rendre dans d'autres centres de rétention.

Relégués vers des pays tiers

L'Australie persiste dans sa politique très dure contre les migrants clandestins qui tentent de gagner ses côtes. Elle n'en accepte aucun sur son sol, mais les relègue indéfiniment dans des camps dans des pays tiers, comme celui sur l'îlot de Nauru, dans le Pacifique, ou celui de ce camp de Manus. Même si les demandes d'asile sont fondées, ces migrants ne seront pas acceptés sur le sol australien, Canberra ne leur offrant que la possibilité de s'établir dans un pays tiers, ou de retourner chez eux.

Saluant la fin de l'opération de police, le Premier ministre australien Malcolm Turnbull a affirmé vendredi que les migrants étaient désormais sous la responsabilité de la Papouasie. Cette déclaration inquiète les associations australiennes, qui continuent vendredi à manifester pour que leur pays accueille enfin ces réfugiés.

Image du camp de Manus en Papouasie-Nouvelle Guinée prise le 31 octobre 2017 by Nick McKim, sénateur australien de l\'Etat de Tasmanie 
Image du camp de Manus en Papouasie-Nouvelle Guinée prise le 31 octobre 2017 by Nick McKim, sénateur australien de l'Etat de Tasmanie  (NICK MCKIM / AFP)