VIDEO. Cauchemar administratif au service étranger de la préfecture

En préfecture, accéder aux services des étrangers sans RDV, c’est impossible. A l’oeil du 20H, on a découvert un marché parrallèle. Un trafic où les RDV avec l’administration s’achètent jusqu’à 180 euros. 

Originaire de Tunisie, Rym, vit en France depuis 17 ans et a rassemblé tous les papiers pour obtenir sa naturalisation. Il ne lui manque que le RDV à la préfecture de Créteil. Il doit se prendre sur internet obligatoirement, mais sur le site, c’est impossible. A chaque essai, le site indique : "plus de plage horaire libre".

Depuis deux ans, matin, midi et soir elle se connecte sans succès, pour tenter d’obtenir un RDV.  “J'essaie dans les transports, au travail, c’est fatiguant, à un moment donné on ne sait plus quoi faire", se désespère-t-elle. 

Face au blocage, les files d’attente s’allongent devant les préfectures. Nanterre, 6h du matin. Une centaine d’étrangers espèrent obtenir un RDV qu’ils n’ont pas décroché sur internet. D’autres, lassés d’attendre, reconnaissent l’avoir acheté au marché noir.

 “On est obligé d’acheter le RDV" 

 “On est obligé d’acheter le RDV. Je l’ai fait une fois. J’ai payé 10 euros. Certains ont payé 50 euros, maintenant c’est un business”, nous confesse un Algérien rencontré à la préfecture de Nanterre.

Une autre personne nous avoue : “J’ai été obligé de payer trois personnes pour m’obtenir un RDV. J’ai payé des gens qui sont toujours devant l’ordinateur, j’ai payé 20 euros chacun”.

Dans les cybercafés autour des préfectures, la vente de RDV est devenue une spécialité. Pour 5 à 20 euros, le patron se connecte au site officiel à votre place pendant des heures pour réserver un créneau dès sa mise en ligne. Et les clients affluent : “On a 100 personnes par jour. C’est vraiment un business. Ils croient même qu’on est des bureaux rattachés de la préfecture”.

“On peut vous réserver un RDV à 180 euros"

D’autres opèrent sur Facebook. Leur page est décorée d'un drapeau bleu blanc rouge : ils vont jusqu’à imiter les sites officiels pour vendre des places. Voici ce que propose un des groupes Facebook : “On peut vous réserver un RDV à 180 euros. Paiment en avance par CB ou Paypal”.

Contactée, la préfecture des Hauts-de-Seine avoue être confrontée “à des phénomènes de captation des rendez-vous à des fins lucratives (...) un durcissement du système de sécurité a été installé pour empêcher ces attaques”.

Ces problèmes informatiques concerneraient toutes les préfectures qui imposent des RDV en ligne. 

(Oeil du 20h)