Sommet du G7 : "Nous craignons que la question de l'immigration soit encore une fois éludée"

À l'occasion du sommet du G7, qui s'est ouvert vendredi en Sicile, SOS Méditerranée appelle les dirigeants présents sur place à prendre conscience de la crise migratoire qui se joue aux portes de l'Europe.

Des migrants secourus en mer Méditerranée, le 24 mai 2016. 
Des migrants secourus en mer Méditerranée, le 24 mai 2016.  (GABRIEL BOUYS / AFP)

Le sommet du G7 s'est ouvert vendredi 26 mai, à Taormina, en Sicile. La présidence italienne a invité les dirigeants de cinq pays africains, la Tunisie, le Niger, le Nigeria, le Kenya et l'Ethiopie, pour évoquer la question des migrations, même si ce n'est pas le principal sujet de ce sommet, loin de là. "Nous craignons que le G7 élude encore une fois la question de l'immigration", a expliqué sur franceinfo, Mathilde Auvillain, porte-parole de SOS Méditerranée.

franceinfo : Ces derniers mois, la Sicile a accueilli des dizaines de milliers de migrants. Est-ce encore le cas pendant le sommet ?

Mathilde Auvillain : C'est un sujet d'actualité brûlant, mais les leaders du G7 ne pourront pas témoigner de ce problème puisque les ports siciliens ont été fermés pour les débarquements de migrants pendant toute la durée du sommet. Tous les navires humanitaires qui ont secouru des personnes en mer ont été détournés vers des ports du sud de l'Italie.

Qu'attendez-vous des dirigeants du G7 ?

SOS Méditerranée appelle les dirigeants du G7 à prendre conscience de cette crise humanitaire d'ampleur énorme qui se joue aux portes de l'Europe. SOS Méditerranée invite les dirigeants à proposer d'urgence une solution qui soit respectueuse de la législation internationale, de la législation maritime, mais aussi et surtout des droits de l'Homme.

Par où passe la solution ?

L'urgence absolue, c'est d'accroître les moyens de sauvetage en mer Méditerranée car, encore cette semaine, les ONG se sont retrouvés confrontées à une situation extrêmement délicate avec des arrivées très importantes. Mardi 23 mai, l'Aquarius était en Méditerranée et a secouru onze embarcations en difficulté, neuf bateaux pneumatiques et deux bateaux en bois. Il y avait aussi une autre ONG sur place, mais ce n'est pas suffisant.

Début mai, SOS Méditerranée a adressé une lettre ouverte à l'Europe se plaignant d'être pris pour cible. Où en est-on ?

Les ONG ont été prises pour cible et accusées injustement de collusion avec les trafiquants d'êtres humains en Libye, ce qui est absolument inacceptable. Les trafiquants d'êtres humains sont évidemment des criminels et les ONG  qui patrouillent en mer, dans la zone de sauvetage, là où se produisent la majorité des sauvetages, n'ont pour seule mission que celle de sauver le plus de vie en mer.