Rixes entre migrants à Calais : "il y a une exaspération, une tension énorme", explique l'association Salam

Après plusieurs bagarres à Calais (Pas-de-Calais) qui ont fait 18 blessés, le président de l'association Salam Jean-Claude Lenoir a dénoncé jeudi sur franceinfo le "harcèlement au quotidien" de la part des forces de l'ordre. 

Des migrants attendent de l\'aide alimentaire, à Calais (Pas-de-Calais), le 4 août 2017.
Des migrants attendent de l'aide alimentaire, à Calais (Pas-de-Calais), le 4 août 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)
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franceinfoRadio France

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Les violences à Calais (Pas-de-Calais) sont dues à "une exaspération, une tension énorme" a estimé jeudi 1er février sur franceinfo, le président de l'association Salam, Jean-Claude Lenoir. Des rixes entre Afghans et Erythréens ont fait au moins 18 blessés, dont quatre gravement. Le responsable associatif a dénoncé le "harcèlement au quotidien" de la part des forces de l'ordre. 

franceinfo : Comment expliquez-vous ces violences ?  

Jean-Claude Lenoir : La grande difficulté aujourd'hui, c'est le harcèlement quotidien. Jeudi dernier il y a eu une rixe entre la police et des migrants, un migrant a perdu son œil. Depuis, chaque matin, la seule solution, c'est le "désquattage", c'est démolir les tentes, etc... Donc il y a une exaspération, il y a une tension énorme. Cette tension a une répercussion : ça laisse le champ libre aux passeurs. La précarité est tellement forte que ça a renforcé leur rôle. Je présume que derrière tout cela il y a la répartition des terrains, des parkings, pour pouvoir passer en Angleterre.  

Les associations sont-elles débordées ?  

Non, ça se passe dans le calme. Mais on sent très bien qu'il ne faut pas en ajouter. Les débordements sont dus à des gens qui profitent de la situation. La répression n'a jamais fait une politique. Il faut dès aujourd'hui apporter de l'apaisement, apporter des solutions, pour pouvoir expliquer aux gens qu'il y a aussi des solutions en France et en Europe. Il faut des travailleurs sociaux, des interprètes.  

Craignez-vous une recrudescence des tensions, entre migrant et habitants ?  

Je crois en l'intelligence des gouvernants. Nous avions alerté monsieur le président, que le harcèlement au quotidien ce n'était pas une solution. Forcément ça allait provoquer des dérapages, des rixes. Il faut que le président reprenne les choses en main et fasse des propositions pour sortir de ce cycle infernal du harcèlement au quotidien.