Paris : un bâtiment inoccupé investi par des sans-papiers pour demander "des droits pour tous"

D'anciens bureaux vides du 9e arrondissement sont occupés à l'appel du collectif La Chapelle debout.

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Les militants du collectif La Chapelle debout investissent un bâtiment inoccupé dans le 9e arrondissement de Paris, le 18 avril 2022. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Ils veulent faire de ce lieu "l'ambassade des immigrés". Plusieurs dizaines de sans-papiers et leurs soutiens investissent depuis lundi 18 avril des locaux inoccupés dans le 9e arrondissement de Paris. Cette action, à l'initiative du collectif La Chapelle debout, a pour but de réclamer des droits pour tous.

Les migrants et militants soutenant les sans-papiers sont entrés dans d'anciens bureaux, vides, situés rue Saulnier. Ils ont occupé les étages et déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire "Non au racisme ! Egalité" ou encore "Immigrants' lives matter". Dehors, une vingtaine de militants d'Extinction Rebellion étaient venus les soutenir. 

Abouakar, un Mauritanien de 36 ans, sans-papiers en France depuis trois ans, a expliqué à l'AFP combien "c'est dur" d'être "dans la rue", "sans travail", dans la "débrouille". "Soutenez notre lutte !" a-t-il lancé.

"La preuve par l'Ukraine !"

"L'idée est que les gens à la rue puissent avoir un toit sur la tête et qu'ils s'organisent" afin d'obtenir des droits, a déclaré à l'AFP un membre du collectif La Chapelle debout, regrettant les années "perdues" dans "des procédures qui n'aboutissent pas". "En tant que collectif qui lutte pour les papiers et les logements pour tous, on est très heureux que les Ukrainiens reçoivent ça. On dit même 'la preuve par l'Ukraine !' C'est possible en deux semaines de mettre en place tout un système d'hébergement, de donner des papiers à tout le monde, de donner des transports gratuits pour tout le monde", a ajouté celui qui se fait appeler Nestor.

Quelques membres des forces de l'ordre, venus peu après l'arrivée des militants, ont observé l'occupation depuis la rue. En juillet 2019, plusieurs centaines de sans-papiers et leurs soutiens avaient brièvement occupé le Panthéon à Paris pour réclamer leur régularisation, à l'initiative notamment de ce même collectif.

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