"Ocean Viking" : comment les migrants vont-ils être répartis entre les différents pays ?

Six pays européens se sont entendus pour prendre en charge les 356 migrants sauvés par le navire humanitaire "Ocean Viking". La France a décidé d'accueillir 150 personnes. franceinfo vous explique comment l'opération va se dérouler.

Des migrants à bord du navire \"Ocean Viking\" le 23 août 2019.
Des migrants à bord du navire "Ocean Viking" le 23 août 2019. (ANNE CHAON / AFP)

La France s'apprête à accueillir 150 migrants sur les 356 sauvés durant leur traversée de la Méditerranée par le navire humanitaire Ocean Viking. Après plus de dix jours d'attente en mer, tous ont pu débarquer vendredi 23 août sur l'île de Malte. Ils vont ensuite être répartis entre les six pays européens qui ont conclu un accord pour organiser leur prise en charge.

La France va envoyer, probablement d'ici la fin du week-end, une délégation de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) qui sera chargée d'entendre ces migrants et de déterminer ceux qui sont éligibles à l'asile. Cette opération va prendre au moins une dizaine de jours au moins, ce qui permettra aussi de négocier la répartition de ces personnes entre les différents pays de l'accord. Chaque État possède ses critères, il accepte d'accueillir un certain nombre de familles, de personnes isolées, ou de mineurs.

Une décision commune rare

Pour l'Ocean Viking, la France, l'Allemagne, le Luxembourg, le Portugal, l'Irlande et la Roumanie se sont engagés ensemble à prendre en charge la totalité des rescapés. C'est une décision commune rare, parce que Malte, petit pays insulaire, n'a pas les capacités d'accueil pour autant de personnes d'un coup, explique-t-on au ministère de l'Intérieur français. Autre explication : à bord du navire, une majorité de personnes viennent du Soudan, pays dont les ressortissants sont généralement susceptibles de bénéficier d'une protection internationale. Les 150 migrants qui seront transférés en France seront hébergés dans des centres pour demandeurs d'asile, en attendant la décision finale de l'Ofpra.

429 personnes sauvées et recueillies en France en un an

Ce type d'opérations a commencé en juin 2018, avec l'arrivée de l'Aquarius sur les côtes espagnoles, puis avec le Lifeline à Malte peu de temps après. Au total, à 17 reprises, des pays européens se sont entendus pour prendre en charge collectivement des naufragés de la Méditerranée. La France a participé à chaque fois. "Cela a permis de soulager les États européens et ça a permis d'éviter des errances prolongées de bateaux en mer", explique le directeur de l'asile au ministère de l'Intérieur, Raphaël Sodini, pour qui il est encore trop tôt pour tirer un bilan. Pour parler du "processus d'intégration de personnes étrangères qui viennent solliciter l'asile dans un pays qu'ils ne connaissent pas", "avant de parler de succès, il nous faut davantage de recul", estime-t-il.

Depuis le début de ces opérations de "relocalisation" des migrants, d'après l'expression employée par le ministère, 429 personnes ont été accueillies en France. Toutes ont obtenu l'asile.