Migrants : Emmanuelle Cosse regrette "profondément" les conditions d'évacuation du lycée Jean-Jaurès à Paris

La ministre du Logement adresse une lettre aux associations intervenant au côté de l'État sur les campements parisiens qu'elle invite à une réunion sur l'accueil des migrants. 

La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, sort de l\'Elysée après le Conseil des ministres, le 17 février 2016 à Paris. 
La ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, sort de l'Elysée après le Conseil des ministres, le 17 février 2016 à Paris.  (YANN BOHAC / CITIZENSIDE.COM / AFP)

La ministre du Logement regrette "profondément" les conditions de l'évacuation musclée du lycée Jean-Jaurès à Paris, mercredi 4 mai, dans une lettre aux associations qu'elle invite à une réunion prochaine sur l'accueil des migrants. Cette évacuation, menée à l'aube, "ne s'est pas déroulée dans des conditions satisfaisantes et je le regrette profondément", écrit Emmanuelle Cosse, dans cette lettre adressée aux associations intervenant au côté de l'État sur les campements parisiens (France Terre d'asile et Emmaüs notamment), et publiée samedi 7 mai sur son compte Facebook.

Près de 300 migrants avaient alors été évacués de ce lycée parisien en travaux, au cours d'une opération musclée des forces de l'ordre et qui avait débouché sur plusieurs obligations de quitter le territoire français, même si, selon la préfecture de région, "personne n'a été placé en rétention". Deux jours auparavant, plus de 1 600 migrants avaient été évacués dans le calme d'un autre campement parisien, installé sous le métro aérien à la station Stalingrad.

Soulignant qu'"il est plus que jamais nécessaire qu'une relation de confiance soit maintenue entre l'État, la Ville de Paris, les associations qui font un travail remarquable pour venir en aide aux migrants et aux personnes en difficulté", Emmanuelle Cosse invite les associations "à une réunion de travail" avec "les acteurs engagés dans l'hébergement d'urgence et l'accueil des migrants en Ile-de-France".

La France a "le devoir d'offrir l'asile à tous ceux qui peuvent y prétendre"

"Pour faire face aux besoins qui ne cessent de croître, nous devons à présent renouveler notre approche", souligne la ministre, qui compte "demander aux préfets d'identifier des possibilités de création de places pour augmenter le stock de places disponibles". "Je ferai également prochainement des propositions pour mieux les répartir dans toute la France et traiter le cas particulier de l'Ile-de-France", ajoute-t-elle, alors que la capitale a connu une vingtaine d'évacuations de migrants en moins d'un an.

La ministre écologiste appelle ainsi à "imaginer ensemble les solutions pour stopper la reconstitution à l'infini de ces campements dont les conditions de vie sont pour leurs occupants, comme pour les citoyens, tout bonnement intolérables".

La France a "le devoir d'offrir l'asile à tous ceux qui peuvent y prétendre et un accueil digne à tous", estime Emmanuelle Cosse, en plaidant pour "faciliter l'accès à un logement à tous les réfugiés statutaires" avec "un accompagnement renforcé".