Mayotte : des migrants à bout de nerfs

La route vers l'Europe se ferme, non sans conséquences pour Mayotte dans l'Océan indien. La pression est de plus en plus forte sur ce petit territoire où la moitié des habitants est étrangère. Une situation qui conduit à des drames.

Un homme à terre, évanoui. Il est africain et vient d'apprendre le refus de la France de lui accorder l'asile. Peu avant, un Congolais s'est suicidé devant l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). "Mon frère vient de perdre la vie de façon tragique. C'est déplorable de voir quelqu'un qui a fui des circonstances qui pouvaient lui donner la mort dans son pays, et venir là où on peut lui assurer la vie, et la perdre ici à Mayotte", témoigne la sœur de l'homme décédé. À Mayotte, sur 256 000 habitants, seulement 42 % sont nés sur place. Le reste vient des Comores voisines, mais aussi du continent africain : du Burkina Faso au Congo.

Droit du sol restreint

Certains ont payé très cher pour faire la traversée, jusqu'à 2 000 euros, réglant des passeurs où les trajets en bateau. Plus la traversée de la Méditerranée devient difficile, plus les migrants viennent à Mayotte. "Les routes de l'immigration sont en train de se fermer sur les pourtours de la Méditerranée, de fait il y a des réseaux, des filières qui s'organisent", avance Romain Reillé, directeur de l'association Solidarité Mayotte. Sur l'île, le droit du sol a été restreint.

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Migrants comoriens quittant l\'île d\'Anjouan pour tenter de gagner l\'île française de Mayotte (archives). L\'île de La Réunion voit débarquer sur ses côtes depuis le début de l\'année des migrants Sri Lankais. 
Migrants comoriens quittant l'île d'Anjouan pour tenter de gagner l'île française de Mayotte (archives). L'île de La Réunion voit débarquer sur ses côtes depuis le début de l'année des migrants Sri Lankais.  (RICHARD BOUHET / AFP)