Les leaders religieux appellent les fidèles à la solidarité avec les réfugiés

Le pape François et le grand rabbin de France, notamment, demandent à leurs fidèles de venir en aide aux réfugiés.

Le pape François, prononce la prière de l\'Angelus, au-dessus de la place Saint-Pierre, au Vatican, le 6 septembre 2015.
Le pape François, prononce la prière de l'Angelus, au-dessus de la place Saint-Pierre, au Vatican, le 6 septembre 2015. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Est-ce la photo du petit Aylan ou la longue marche des migrants à travers la Hongrie ? La communauté internationale réagit, samedi 5 et dimanche 6 septembre, à la situation des migrants, en particulier syriens, venus chercher refuge en Europe. Progressivement, des responsables politiques européens revoient leurs positions, des maires de communes françaises se mobilisent et désormais, les leaders religieux appellent leurs fidèles à réagir aussi.

Le pape prêt à accueillir des familles au Vatican

Le pape François a appelé dimanche toutes les communautés catholiques d'Europe à accueillir chacune une famille de réfugiés. Dans "un geste concret" en préparation du jubilé de la miséricorde qui débute en décembre, "que chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère, chaque sanctuaire d'Europe accueille une famille", a-t-il déclaré.

Il ne s'agit pas seulement de dire "courage, patience", a précisé le pape devant des milliers de fidèles enthousiastes rassemblés sur la place Saint-Pierre à Rome. "Je me tourne vers mes frères les évêques d'Europe, vrais pasteurs, pour qu'ils soutiennent mon appel dans leur diocèse", a déclaré le pape, précisant qu'il commencerait par son diocèse de Rome et que les deux paroisses du Vatican elles-mêmes accueilleraient "dans les prochains jours" deux familles de réfugiés.

"Tout le monde peut faire quelque chose", selon le cardinal Vingt-Trois 

"Que serait l'héritage du christianisme s'il se fermait devant le pauvre à sa porte ?" écrit le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, dans une lettre à ses prêtres. Dans un entretien diffusé sur Radio Notre Dame, vendredi, il demande aux chrétiens de "se mobiliser encore plus" et de prendre "réellement une part à l'accueil de ces réfugiés"

"On ne demande pas à chaque chrétien d'accueillir tous les réfugiés, on lui demande d'accueillir qui il peut accueillir et de faire ce qu'il peut faire. Se défendre de faire quelque chose sous le prétexte que ce que, moi, je peux faire, est sans proportion avec les besoins, cela revient à dire : je ne fais rien. Tout le monde ne peut pas faire des choses extraordinaires, mais tout le monde peut faire quelque chose", poursuit-il, tout en appelant chrétiens, responsables politiques et médias à un "examen de conscience".

Le grand rabbin de France rappelle l'action des Justes

Le grand rabbin de France Haïm Korsia a aussi appelé, dimanche, à "un sursaut civique et humain" , dans son discours lors de la cérémonie à la mémoire des martyrs de la déportation à la grande synagogue de la Victoire à Paris. "La France, terre d'asile et d'accueil, la France, berceau des droits de l'Homme, ne peut fermer les yeux sur ces femmes et ces hommes qui échouent aux portes de nos frontières, avec pour seul espoir, celui de vivre", a estimé Haïm Korsia.

"Nous devons être les Saliège et les Théas, les Trocmé et les Boegner de notre temps et dire, en mémoire de nos disparus et en fidélité avec nos valeurs : ' Les migrants sont nos frères en humanité'". Le cardinal Jules Saliège, l'évèque Pierre-Marie Théas, et les pasteurs André Trocmé et Marc Boegner ont été désigné "Justes parmi les nations" pour leur engagement actif aux côtés des Juifs pendant la Seconde guerre Mondiale.